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Le pape François a donné une messe à Carthagène, le 10 septembre. /EPA /ALESSANDRO DI MEO
© ALESSANDRO DI MEO

Eglise

Le pape appelle la Colombie à abandonner «la culture de la mort» pour la paix

Au cours de cette cinquième visite en Amérique latine, le pape a insisté sur la nécessité de la réconciliation d’une Colombie sur le point de clore un conflit qui a fait plus de 260 000 morts

Le pape a terminé dimanche sa visite en Colombie en l’appelant à consolider la paix, après les accords signés avec les dernières guérillas du pays pour clore une guerre fratricide de plus d’un demi-siècle. «A la culture de la mort, de la violence, répondons par la culture de la vie, de la rencontre», a lancé le pape François à Carthagène des Indes lors de la dernière messe de son voyage.

Le souverain pontife, promoteur de la paix signée avec la guérilla des FARC et du cessez-le-feu avec l’ELN, s’est fait l’apôtre «d’un accord pour vivre ensemble, d’un pacte social et culturel», rappelant que «cela fait des décennies que la Colombie cherche la paix à tâtons».

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Une prière pour le Venezuela

Plus tôt, après la prière de l’Angelus dans l’église de San Pedro Claver, un jésuite comme lui et défenseur des esclaves dans les Caraïbes colombiennes du XVIIe siècle, François avait appelé à trouver une issue au Venezuela. «Je prie pour chacun des pays latino-américains, et de manière spéciale pour le Venezuela voisin», a déclaré le pape argentin, avec «un appel pour que tout genre de violence soit rejeté dans la vie politique et qu’on trouve une solution à la grave crise en cours».

François avait déjà évoqué le Venezuela le jour de son arrivée en Colombie mercredi et rencontré à Bogotá des évêques et des cardinaux de ce pays en plein marasme politique et économique. Parmi les plus de 300 000 Vénézuéliens vivant en Colombie, des milliers sont arrivés récemment, fuyant les pénuries et les manifestations contre le président Nicolas Maduro, qui ont fait plus d’une centaine de morts depuis avril.

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«Nous le remercions beaucoup pour ses paroles. Mais la solution est très difficile, les parties remontées l’une contre l’autre. Je ne pense pas que Maduro entende raison», a déclaré à l’AFP Deisy Flores, 28 ans, étudiante vénézuélienne venue voir le pape.

Un cessez-le-feu bilatéral conclu avec l’ELN

En dernière étape, François avait choisi Carthagène, la perle touristique et coloniale des Caraïbes, mais aussi la ville colombienne où les inégalités sont les plus criantes, entre hôtels de luxe et bidonvilles. Il en est reparti avec un œil au beurre noir. En parcourant le quartier pauvre de San Francisco, la papamobile a brusquement freiné devant la foule. Le pape âgé de 80 ans s’est cogné contre une paroi vitrée du véhicule et légèrement blessé à l’arcade sourcilière, ainsi qu’à la pommette gauche.

Collé à la piste de l’aéroport international, San Francisco illustre le fossé social qui divise Carthagène, où le taux de pauvreté est le plus élevé du pays et dont le maire, ainsi que d’autres responsables, sont emprisonnés pour corruption. La Colombie est le pays le plus inégalitaire d’Amérique latine, après le Honduras, selon la Banque mondiale.

Après avoir appelé à la paix à Bogotá, demandé justice pour les victimes à Villavicencio et incité le clergé à s’engager à Medellín, François, «le pape des pauvres», qui a attiré plus de quatre millions de fidèles durant sa visite, a suscité l’espoir chez les nécessiteux de Carthagène. La ville avait en outre la portée symbolique d’avoir accueilli il y a un an la signature de l’accord avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), rejeté par référendum, renégocié, puis finalement signé en novembre à Bogotá.

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Recherchant une «paix complète», le gouvernement négocie avec l’Armée de libération nationale (ELN). Deux jours avant l’arrivée du pape, a été conclu le premier cessez-le-feu bilatéral jamais obtenu avec cette guérilla, la dernière active. Les fusils devraient se taire le 1er octobre pour trois mois, renouvelables.

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