Amérique latine

Le pape appelle à éviter d'«autres souffrances» aux Vénézuéliens

Le pape François a aussi incité l'Eglise à aider les fidèles à «dépasser les peurs et les méfiances» vis-à-vis des migrants latino-américains

Après le regain des tensions à Caracas, le pape «soutient tous les efforts visant à éviter que d'autres souffrances ne soient infligées» aux Vénézuéliens, a déclaré le porte-parole par intérim du Vatican, l'Italien Alessandro Gisotti, en marge des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) organisées au Panama jusqu'à dimanche.

Depuis mardi, des mouvements de protestation ont fait 26 morts dans ce pays, selon des organisations de défense des droits humains.

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Outre les crises politiques, comme au Venezuela et au Nicaragua, et les pénuries alimentaires, d'autres «fléaux» poussent aussi des milliers de personnes à fuir leur pays, dont les féminicides, particulièrement nombreux en Amérique latine, a dénoncé François.

Un message d'accueil pour les migrants

«Violence domestique, féminicides - quel fléau vit notre continent à ce sujet ! -, bandes armées et criminelles, trafic de drogue, exploitation sexuelle de mineurs et de non mineurs», a énuméré le pape argentin devant les évêques d'Amérique centrale réunis autour de lui à Panama. «Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer» sont les maîtres-mots proposés par le pape à l'Eglise catholique pour faire face à la crise migratoire en Amérique latine.

Ces derniers mois, les images des caravanes de milliers de migrants centraméricains marchant désespérément vers les Etats-Unis ont marqué les esprits et provoqué la colère de Donald Trump.

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A un journaliste qui évoquait pendant le voyage entre Rome et Panama, le qualifiant de «folie», le projet du président des Etats-Unis d'édifier un mur sur la frontière mexicaine pour interdire l'accès au territoire aux migrants illégaux, François a répondu : «C'est la peur qui nous rend fous.»

Un septième voyage en Amérique latine

Auparavant, dans son premier discours au Panama, devant le président de ce pays Juan Carlos Varela et le corps diplomatique réunis jeudi matin, François a fustigé «toute forme de corruption» en politique, au moment où plusieurs scandales financiers éclaboussent des dirigeants sur le continent américain. Une douzaine d'ex-présidents d'Amérique latine sont en prison, en fuite, impliqués ou destitués pour des affaires de ce type.

En fin de journée jeudi, François devait aller à la rencontre des milliers de jeunes du monde entier qui l'attendent avec impatience. Sur une gigantesque estrade surplombant l'avenue qui longe le Pacifique, il devait célébrer sa première messe publique des JMJ.

Ce septième voyage de François en Amérique latine s'inscrit dans le prolongement d'une assemblée mondiale d'évêques (synode) spécifiquement consacrée aux jeunes en octobre. Les prélats avaient été appelés à mieux écouter une génération qui fuit l'Église, bousculée par les scandales d'agressions sexuelles.

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