Vatican

Le pape a célébré la messe de Pâques sous haute sécurité

Le pape François a réclamé la fin de «l'extermination en cours» en Syrie et le respect du droit humanitaire, lors de son message de Pâques avant la traditionnelle bénédiction urbi et orbi

Le pape François a célébré dimanche la traditionnelle messe de Pâques sur le parvis de la basilique Saint-Pierre de Rome devant des milliers de fidèles, encadrés par d’imposantes mesures de sécurité. La messe solennelle de la Résurrection, temps le plus important de la liturgie catholique, a débuté à 10h00.

Le pape François a réclamé la fin de «l’extermination en cours» en Syrie et «la réconciliation en Terre Sainte», tout en encourageant le dialogue en cours sur la péninsule coréenne, lors de son message de Pâques avant la traditionnelle bénédiction Urbi et Orbi.

Message de paix pour la Syrie

S’exprimant depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre, il a demandé «les fruits de la paix pour le monde entier, à commencer par la bien-aimée et tourmentée Syrie, dont la population est épuisée par une guerre qui ne voit pas de fin».

Il a appelé «tous les responsables politiques et militaires» à ce que «soit mis un terme immédiatement à l’extermination en cours, que soit respecté le droit humanitaire et que (soit facilité) l’accès aux aides dont ces frères et sœurs ont un urgent besoin, assurant en même temps des conditions convenables pour le retour de tous ceux qui ont été dispersés».

Son message intervient alors que les rebelles syriens ont accepté dimanche selon une ONG d’évacuer la dernière poche qu’ils tenaient dans la Ghouta orientale, ancien bastion insurgé aux portes de Damas dont la reconquête totale marquerait une victoire retentissante pour Bachar al-Assad.

Réconciliation en Terre Sainte

Le pape François a appelé également «à la réconciliation en Terre Sainte, blessée encore ces jours-ci par des conflits ouverts qui n’épargnent pas les personnes sans défense». Des affrontements entre des manifestants palestiniens de Gaza et des militaires israéliens ont fait vendredi 16 morts, le bilan le plus meurtrier depuis la guerre de 2014.

Il a en outre encouragé dimanche le dialogue en cours dans la péninsule coréenne, en pleine période de détente après deux années d’escalade due aux essais nucléaires et balistiques de Pyongyang.

«Que ceux qui ont des responsabilités directes agissent avec sagesse et discernement pour promouvoir le bien du peuple coréen et construire des relations de confiance au sein de la communauté internationale», a-t-il ajouté.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un s’est prononcé pour la dénucléarisation de la péninsule coréenne et un sommet intercoréen, troisième du genre après ceux de 2000 et 2007, aura lieu le 27 avril.

Portique de détection

Les fidèles, les touristes curieux et même des prêtres célébrants ont dû faire de longues files dimanche matin pour accéder à la place Saint-Pierre, passant de premiers filtres de sécurité à une centaine de mètres avec des détecteurs de métaux et des contrôles de sacs, alors qu’un large périmètre était fermé dimanche matin à la circulation.

L’accès à la place elle-même se fait après le passage sous un portique de détection, à l’instar des aéroports. Les autorités italiennes estiment que Pâques est une période à haut risque pour la capitale italienne.

«Rome est le centre de la religion catholique, il y a le pape, le Vatican. Pour ceux qui croient au mode radical de la guerre sainte, Rome représente tant de choses mises ensemble», résumait samedi le procureur antiterrorisme Federico Capiero de Raho, très inquiet quant à un retour discret dans le pays d’Italiens radicalisés partis combattre en Syrie et en Irak. Un souci partagé par le ministre de l’Intérieur du gouvernement sortant Marco Minniti, qui estimait dimanche pour la première fois dans un entretien que certains des 120 combattants italiens recensés pouvaient rentrer individuellement au pays en se mêlant aux flux de migrants.

Technique contre les mouettes

La place Saint-Pierre a été ornée en ce dimanche de Pâques de 50 000 fleurs, avec une prédominance de tulipes et de jonquilles, mais aussi des roses et des orchidées, offerts par les Pays-Bas, une tradition qui prévaut pour la 32 ème année consécutive. L’an dernier, les fleurs avaient été victimes de l’appétit des mouettes romaines, mais les jardiniers ont recouru cette année à une technique dissuasive de lasers avant le début de la messe.

Samedi soir, le pape argentin avait présidé la veillée pascale à la basilique Saint-Pierre, demandant aux fidèles de rompre le silence «sur les injustices que vivent dans leurs chairs tant de nos frères». Il a aussi baptisé huit personnes, dont un Nigérian de 31 ans qui avait fait la Une des journaux en maîtrisant en septembre à Rome un malfaiteur armé qui venait de braquer un supermarché.

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