On appelle cela approfondir la catéchèse sur la famille: à l’audience générale du 18 février, à Rome, le pape François a dit tout le mal qu’il pensait de l’enfant unique et tout le bien des familles qui font en sorte de passer la vitesse supérieure. Il ne l’a pas dit comme cela, évidemment. Il a proposé une réflexion sur les rapports entre le frère et la sœur. «Frère et sœur, des mots que le christianisme aime beaucoup.» Car aussi bien, Jésus nous a enseigné que nous sommes tous frères. Mais pour expérimenter concrètement ce que cela signifie, mieux vaut, pour le saint-père, avoir été dans une famille où cette expérience pût se vivre au quotidien.

Dans le texte, nous citons Radio Vatican, cela donne ceci: «La fraternité a quelque chose de grand, surtout si l’on pense que tous les frères ont habité le ventre de la même maman durant neuf mois, ils viennent de la chair de la maman! Si le lien de fraternité qui se forme dans une famille entre les enfants se déroule dans un climat d’éducation et d’ouverture à l’autre, c’est une grande école de liberté et de paix. Dans une famille, entre frères et sœurs, on apprend la cohabitation humaine, comment il faut coexister en société. Nous n’en sommes pas toujours conscients mais c’est bien la famille qui introduit la fraternité dans le monde! La bénédiction que Dieu, en Jésus-Christ, répand sur ce lien de fraternité le rend capable de dépasser toute différence de nation, de langue, de culture et même de religion.»

Ce n’est pas la première fois cette année que le souverain pontife a distillé, à coups de petites phrases, sa vision concrète de la vie familiale – catholique s’entend.

Ainsi, à la mi-janvier de 2015, dans l’avion qui le ramenait des Philippines en Europe, il stupéfiait le monde en déclarant que les couples catholiques n’avaient pas à procréer comme des lapins. Dans le texte, (nous parlons sous le contrôle de Radio Vatican): «Certains croient que pour être de bons catholiques, il faut être comme des lapins. Non.» Plus précise, l’Agence France-Presse citait ainsi François: «L’ouverture à la vie est une condition du sacrement de mariage. Mais cela ne signifie pas que les chrétiens doivent faire des enfants en série. J’ai fait des reproches à une femme, enceinte du huitième après sept césariennes: «Vous voulez laisser orphelin sept enfants!» lui ai-je dit. Même si «pour les pauvres, l’enfant est un trésor», l’exemple de cette femme, c’est de l’irresponsabilité […] Certains croient, excusez-moi du terme, que, pour être bons catholiques, ils doivent être comme des lapins.»

Les observateurs ne manqueront donc pas de noter qu’à son audience du 18 février, le pape a nuancé son propos et, après avoir fustigé en janvier la reproduction «comme des lapins», a salué mercredi, durant l’audience, une famille de neuf enfants en expliquant combien belle était cette famille nombreuse où tous et toutes s’aiment et s’entraident. C’est l’excellent site d’information catholique engagé «La nuova bussola quotidianna», sous la plume de Massimo Introvigne, qui nous l’apprend.

Est-il besoin d’ajouter que ce coup de barre du pape François en direction des familles nombreuses n’a pas recueilli le même écho que son coup du lapin?