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Le pape François s’est rendu samedi sur l’île grecque, symbole de la crise migratoire européenne.
© HANDOUT

Vatican

Le pape rentre de Lesbos avec douze réfugiés syriens

François s’est rendu samedi sur l’île grecque, symbole de la crise migratoire européenne. Il a rencontré des dizaines de réfugiés et écouté leur témoignage. Il est rentré à Rome accompagné de trois familles syriennes qu’il logera au Vatican

Les trois familles de réfugiés syriens sont arrivées dans le centre de Rome samedi à la nuit tombée. A peine sortis de deux fourgons, sur la place Santa Maria in Trastevere, aux abords d’une magnifique basilique, les parents et leurs enfants, 12 personnes au total, sont assaillis par le crépitement des appareils photo et par les puissants projecteurs des caméras de nombreux journalistes. D’autres réfugiés venus les accueillir au rythme de percussions et avec des fleurs sont contraints de s’écarter. L’avion papal au bord duquel ils ont voyagé de Lesbos à Rome a atterri quelques heures plus tôt.

Nour, une trentaine d’années, microbiologiste de Damas, la capitale syrienne, réussit à s’écarter de la meute journalistique. Son français est hésitant, reste de ses études à Montpellier, en France. Ses premiers mots sont pour le pape, qu’elle remercie chaleureusement. «J’espère que son geste affecte la vie politique, qu’il sera positif pour tous les réfugiés syriens», affirme-t-elle.

Avec son mari Hasan et son fils de 2 ans, elle est arrivée en Grèce le 18 mars dernier à bord d’un bateau pneumatique, après avoir été arrêtée par la police turque à trois reprises. Moins d’un mois plus tard, la jeune famille apprend qu’elle sera dans l’avion de François pour être accueillie au Vatican. La nouvelle lui est communiquée seulement à la veille de son départ.

Munis d’un visa humanitaire, ces 12 Syriens, tous musulmans, ont été reçus par la communauté de Sant’Egidio, l’organisation catholique ayant joué le rôle de facilitateur dans cette opération voulue et financée par le Vatican, avec la collaboration des gouvernements italien et grec. L’idée a été soufflée à l’oreille du pape par l’un de ses collaborateurs il y a tout juste une semaine. Le souverain pontife a assuré ne pas avoir fait de «choix entre chrétiens et musulmans». «Ce n’est pas un privilège, toutes ces personnes sont des enfants de Dieu», a-t-il précisé. Elles seront prochainement logées entre les murs du plus petit Etat du monde, avec deux autres familles de réfugiés accueillies ces derniers mois.

Le choix de ces nouveaux venus s’est fait, après des entretiens, parmi ceux ayant déjà été identifiés et ayant déposé une demande d’asile avant l’entrée en vigueur de l’accord entre Bruxelles et Ankara le 4 avril. Ce texte prévoit le renvoi vers la Turquie de toute personne entrée illégalement sur le territoire grec. «Nous les avons choisis en fonction de critères de vulnérabilité, donc principalement des familles venant de zones de guerre, explique Daniela Pompei, responsable des services aux migrants au sein de la communauté de Sant’Egidio. Ces personnes sont d’autant plus vulnérables qu’elles viennent tout juste de quitter leur pays. Elles ont résisté aussi longtemps qu’elles ont pu.» L’une des familles vivait à Deir ez-Zor, ville dans l’Est de la Syrie, tenue par l’Etat islamique. Sa maison a été détruite avant qu’elle ne décide de s’enfuir.

Près de trois ans après son déplacement à Lampedusa, porte d’entrée en Europe, au sud de la Sicile, le pape allie une nouvelle fois le geste à la parole. «Ce voyage est marqué par la tristesse, a lâché le pontife argentin au début de son déplacement. Nous allons rencontrer la catastrophe humanitaire la plus importante depuis la Seconde Guerre mondiale.»

Plus que les paroles, on retiendra les gestes du Saint-Père à Lesbos. Une heure durant, dans le camp de réfugiés de Moria, il a rencontré et salué des dizaines de personnes, écoutant leur témoignage avec l’aide d’un interprète. Un homme s’est même agenouillé devant lui en larmes, implorant de le bénir. «Vous n’êtes pas seuls», leur a lancé le pontife.

François était accompagné de Bartholomée, le patriarche orthodoxe de Constantinople, et de Ieronymos, l’archevêque orthodoxe d’Athènes et de toute la Grèce. Le voyage se voulait aussi œcuménique. Les trois dignitaires ont signé une déclaration commune politique. Ils ont appelé la communauté internationale afin «qu’elle réponde avec courage, qu’elle affronte cette crise humanitaire massive et ses causes sous-jacentes, à travers des initiatives diplomatiques, politiques et caritatives et à travers des efforts conjoints du Moyen-Orient et de l’Europe».

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