Un avion pour la Tunisie chargé de «matériel de maintien de l’ordre» a été bloqué à Paris le 14 janvier, quelques heures avant la chute du président Zine El Abidine Ben Ali, a-t-on appris mercredi de source aéroportuaire.

Le gouvernement français a «intercepté» ce matériel commandé à une entreprise française par le régime du président déchu, a confirmé son porte-parole, François Baroin. «Le matériel a été stocké» à l’aéroport parisien de Roissy-Charles de Gaulle, a précisé M. Baroin, interrogé par la presse à la sortie du Conseil des ministres.

Le chargement comprenait des grenades lacrymogènes, ainsi que «des gilets pare-balles», a ajouté le porte-parole du gouvernement français.

«Un avion a été bloqué par les douanes à Roissy avec du matériel de maintien de l’ordre à destination de la Tunisie», avait indiqué la source aéroportuaire, confirmant une information du site internet Marianne2.fr. Selon cette source, cette mesure a été prise sur intervention du ministère français des Affaires étrangères.

Le site de l’hebdomadaire Marianne a expliqué qu’il s’agissait d’une commande du gouvernement du président Ben Ali auprès d’un groupe français, spécialisé dans l’exportation d’uniformes et d’équipement de police.

Le chargement comprenait notamment des grenades lacrymogènes, soufflantes ou éclairantes, des uniformes et des protections, mais pas de matériels militaires, selon le site.

La chef de la diplomatie française, Michèle Alliot-Marie, a été vivement critiquée en France pour avoir proposé le 11 janvier une coopération policière avec le régime du président Ben Ali, trois jours avant sa chute.

Selon un bilan du gouvernement tunisien, 78 personnes ont été tuées et 94 blessées pendant la «Révolution du jasmin».