«A la suite d’attaques ignobles […] j’ai décidé de retirer ma candidature à l’élection municipale parisienne. Cette décision me coûte mais mes priorités sont très claires. C’est d’abord ma famille, vous l’aurez compris»: l’épitaphe politique parisienne de Benjamin Griveaux n’aura pas tardé. Assiégé par les médias depuis la diffusion, le soir du jeudi 13 février, sur internet d’une vidéo à caractère sexuel qu’il est soupçonné d’avoir adressé à une femme, le candidat d’Emmanuel Macron à la mairie de Paris a décidé de saborder sa campagne. Une décision prise, a-t-il précisé, après avoir consulté le chef de l’Etat français, dont il avait intégré très tôt l’équipe présidentielle en 2016, avant de devenir son premier porte-parole à l’Elysée. La divulgation initiale des images personnelles compromettantes de Benjamin Griveaux a été revendiquée par un hacker-artiste russe établi à Paris, Piotr Pavlenski. Ce qui va relancer à coup sûr les soupçons d’interférences étrangères dans la campagne électorale en cours. Le député des Français de Suisse Joachim Son-Forget, expulsé du parti Macronien en décembre 2018, avait ensuite relayé les images jeudi sur son compte twitter. Tout en condamnant le procédé…

Rivalités intestines

Dirigée par une maire socialiste avec laquelle le président entretient des rapports compliqués, Anne Hidalgo, la ville de Paris sera, dans un mois, l’un des enjeux les plus symboliques des élections municipales françaises des 15 et 22 mars. Désigné par le parti macronien La République en marche comme candidat, Benjamin Griveaux bataillait dur depuis avec un député issu du même camp, le très médiatique mathématicien Cédric Villani. Lequel avait refusé, le 26 janvier, de se plier à la demande d’Emmanuel Macron de trouver un compromis pour en finir avec une division dommageable pour l’actuelle majorité.