La France et l’Allemagne croient en la «méthode coué» pour convaincre leurs partenaires mondiaux sur la délicate question du réchauffement climatique. «Nous voulons un succès lors de la conférence de Copenhague» a asséné Nicolas Sarkozy lors d’un point de presse aux côtés d’Angela Merkel, avant l’ouverture ce jeudi soir à Bruxelles du sommet extraordinaire des Vingt-Sept sur les nominations à la tête de l’UE. «Nous avons nos lignes rouges» a ensuite averti le président français qui a plaidé pour «des objectifs précis et des règles contraignantes». Lesquelles ne pourront être obtenues que «si cela bouge dans toutes les parties du monde»...

Cette démonstration de volonté franco-allemande, alors que l’UE apparait divisée sur la nomination de ses futurs responsables, est une réponse directe aux discussions menées à Pékin par le président américain Barack Obama. M. Sarkozy et Mme Merkel avaient tenu à associer à leurs discussions le premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen, tout juste revenu du sommet de l’APEC (Asie-Pacifique) à Singapour. Le chef de l’Etat Français se rendra en outre au prochain sommet du Commonwealth, du 27 au 29 novembre, à Trinidad et Tobago. Les trois dirigeants ont confirmé que tous les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE seront présents à Copenhague les 17 et 18 décembre, pour la conclusion du sommet.

Souvent critiquée pour sa défense à cor et à cri de l’industrie allemande, Angela Merkel n’a pas été aussi claire que Nicolas Sarkozy sur les objectifs, citant seulement celui d’une limitation du réchauffement à 2 degrés d’ici 2050. Mais ses mots ont volontairement dramatisé la question «Nous voyons les objectifs de Copenhague se réduire comme une peau de chagrin» a -t-elle regretté. Un accord contraignant, a-t-elle poursuivi, est impératif pour le «premier semestre 2010».