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L'homme le plus recherché d'Europe, Salah Abdeslam.
© DSK

Terrorisme

De Paris à Bruxelles, l'incroyable baraka de Salah Abdeslam

Depuis les attentats du 13 novembre, le fugitif le plus recherché d'Europe était à plusieurs reprises passé entre les mailles du filet policier avant d'être finalement arrêté ce vendredi à Molenbeek

En janvier, sa photo ne figurait pas parmi les portraits des «martyrs» publiés dans un numéro spécial de «Dabiq», la revue de propagande de l'Etat islamique, consacré aux attentats du 13 novembre à Paris. Logique. Salah Abdeslam, 26 ans, dont des empreintes digitales et des traces ADN ont été retrouvées dans l'appartement perquisitionné mardi à Forest (Belgique), est, lui, bien vivant et toujours en fuite. Une cavale sans précédent, vu les forces de police européennes mobilisées, à laquelle s'ajoute toujours une part de mystère sur le rôle exact lors des attentats de ce résident français en Belgique dont la dernière image remonte au 14 novembre, dans une station d'essence du nord de la France, aux côtés d'un des deux complices venus en voiture l'exfiltrer, Hamza Attou, arrêté peu après et emprisonné depuis à Bruxelles.

Cinq mois après les attentats du Bataclan et des terrasses de café parisiennes durant lesquels son propre frère Brahim s'est fait exploser, Salah Abbdeslam est surtout devenu synonyme d'une incroyable baraka. Car à ce jour, l'intéressé, apparemment récupéré par ses amis le 14 novembre à l'aube à Montreuil, à l'est de Paris, a éludé au moins quatre fois les forces de l'ordre, avant d'être finalement arrêté ce 18 mars peu avant 18h00, dans la commune bruxelloise de Molenbeek.

Un raté initial énorme

Premier épisode lors de sa fuite en voiture le samedi matin, alors que la France est sous le choc de la plus violente attaque terroriste commise sur son territoire: à trois reprises, alors qu'ils roulent vers la Belgique, Abdeslam et ses deux complices tombent sur des barrages policiers. L'ultime contrôle, vers 9h10, est effectué près de Cambrai (Nord) par des gendarmes qui, après consultation du fichier des personnes recherchées dans lequel Abdeslam n'est pas encore répertorié, laissent filer le trio, non sans avoir obtenu leur adresse dans la fameuse commune bruxelloise de Molenbeek. Interrogés depuis à de multiples reprises par les policiers belges, Hamza Attou  et Mohamed Amri ont confirmé qu'ils avaient dû arrêter leur véhicule, éteindre le moteur, et en sortir. Les appréhender ne posait donc pas de difficultés même s'ils affirment que Salah Abdeslam pleurait et portait une ceinture d'explosifs. Ce raté initial est énorme. 

Les autres épisodes de la fuite, jusqu'au dernier repérage de ses traces mardi à Forest, au sud de Bruxelles, sont plus flous. Le plus rocambolesque, cité dans la presse mais jamais confirmé, intervient le 16 novembre. Après s'être fait déposer le 14 au métro Bockstael à Laeken, au nord de la capitale belge où un autre complice, Ali Oulkadi (également placé en détention) l'a récupéré, Abdeslam se serait terré alors à Molenbeek, sa ville d'adoption, où il aurait échappé aux policiers contraints d'attendre l'heure légale d'intervention (5 heures du matin), en se cachant dans un meuble transporté par des déménageurs. Vrai? Faux? La confusion des déclarations de la police belge accrédite plutôt cette thèse.

Planque sur planque

La baraka se poursuit dans un autre quartier bruxellois populaire et immigré: Schaerbeek. Nous sommes à la fin novembre. L'appel à témoins pour localiser Salah Abdeslam a inondé l' Europe. On le dit reparti en Syrie. La réalité est moins romanesque: l'intéressé aurait séjourné jusqu'au 4 décembre, dans un appartement de la rue Henri Bergé. Important: cette planque de Schaerbeek n'est découverte que le 9 décembre, après le départ du fugitif provoqué par des descentes de police dans le quartier. Quels autres complices ? Qui organise son transfert dans ces quartiers bruxellois quadrillés par la police et ses indicateurs ? A ce jour, le mystère demeure.

Dernier lieu de la traque qui se poursuivait ce vendredi:  Forest, où les rues adjacentes à la grande usine Audi visible des voies de TGV Paris-Bruxelles sont peuplées en majorité d'immigrés musulmans. Salah Abdeslam y est passé. Y résidait-il ? Fait-il partie des deux hommes ayant réussi à s'enfuir après avoir canardé les policiers à la Kalachnikov mardi? A-t-il été vu aussi, à Liège, comme cela a été écrit?

A l'évidence, l'homme disposait toutefois en Belgique de solides appuis, et de complices prêts à mourir pour le défendre. Ce qui tend à accréditer son importance, et son rôle de co-commanditaire des attentats aux côtés du belge Abdelhamid Abaaoud, tué lors de l'assaut à Saint Denis le 18 novembre. Une autre version, plus disputée, fait en revanche de lui un renégat de l'Etat islamique, qui aurait pris la fuite au lieu de mourir en martyr le 13 novembre, et serait également traqué par l'organisation terroriste. Avec une question, reposée par les interventions policières à Forest: celle du soutien et des planques mises à sa disposition. Une telle baraka apparait impensable pour un fugitif isolé. 

Les interrogations sont multiples. Son interrogatoire permettra peut-être de répondre à certaines dès ce week-end. La crainte des enquêteurs était que Salah Abdeslam se tue, en emportant tous ses secrets.

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