France

Paris inondé, déserté mais rassuré: la crue de la Seine ne devrait pas atteindre les niveaux de 1910

La région parisienne est encore sous la pluie ce jeudi. Dans la capitale française, une référence: la grande crue de 1910. Elle ne devrait pas être atteinte. Mais le Louvre et le Musée d'Orsay ferment pour mettre leurs chefs-d'oeuvre à l'abri des eaux

Ce sont trois taches rouges sur la carte des inondations françaises, résultat d’une semaine d’intempéries ininterrompues: les départements de la Seine-et-Marne, de l’Essonne, et la commune de Paris comptent parmi les zones les plus affectées par les inondations qui ont déjà submergé en France des zones entières dans les environs d’Orléans, coupant même l’autoroute A10 qui relie Paris à Tours, Bordeaux et au sud-ouest.

Mais alors que les images d’évacuation par barques du centre-ville inondé de Nemours sont diffusées en boucle, l’inquiétude vaut surtout pour Paris où la brigade fluviale des pompiers scrute attentivement le niveau de la Seine, et ce maximum historique de 65 mètres par rapport au niveau de la mer atteint en 1910 (contre 24,5 mètres en temps normal), lorsque le fleuve avait déferlé sur la capitale, transformant toutes les rues du quartier des Halles en canaux navigables.

Rares touristes

Fait symbolique mercredi: le charmant square du Vert-Galant, à l’extrémité de l’île de la Cité et au pied du Pont Neuf, était complètement sous les eaux. Seuls de rares touristes asiatiques, venus pour certains fêter leur lune de miel dans la Ville Lumière, demeuraient néanmoins stoïques en prenant la pose, en tenue de mariés, face aux flots bruns d’une Seine qui a déjà largement débordé (entre 30 et 35 mètres par rapport au niveau de la mer, soit le niveau d’alerte jaune, donc pas encore orange ni rouge comme à Nemours), recouvrant les voies sur berges et atteignant presque les panneaux de signalisation à l’endroit où se dressent, durant l’été, les plages de sable de «Paris Plage».

L’inquiétude parisienne se comprend, alors que la fréquentation touristique est en chute libre depuis quelques mois, et que les convulsions sociales à l’approche de l’Eurofoot ont de quoi décourager les supporters et tous les fans de ballon rond qui pouvaient envisager de venir profiter des «Fans Zones» annoncées par la mairie, en particulier sur le Champ-de-Mars, au pied de la Tour Eiffel.

Triste spectacle en effet que celui de ladite tour, complètement happée par le gris du ciel et les nuages bas, alors que les préparatifs d’évacuation sont en cours, au cas où, au Musée d'Orsay, considéré comme le plus exposé en cas de crue.

Situé sur la rive gauche de la Seine, dans l’ancienne gare d’Orsay, le musée de l’impressionnisme pourrait être atteint par les eaux si les pluies se poursuivent et ses collections devraient alors être mises immédiatement en sécurité. C’est la décision qui a été prise ce jeudi après-midi par l’établissement. Le Musée d'Orsay fermera ses portes à 18h pour le déclenchement du Plan Protection contre les inondations. Le site avait été totalement submergé en 1910, et de vieilles cartes postales montrent des barques voguant sous la verrière.

Evacuation des œuvres en réserve au Louvre

L’inquiétude prévaut aussi au Louvre, en particulier pour les sous-sols toujours à la portée d’infiltrations si les égouts débordent et que le niveau du fleuve monte. Les responsables des musées nationaux rappellent qu’il faut déclencher les procédures d’urgence 72 heures avant la montée du niveau maximal des eaux.

Pour l’heure, les quatre pompes de «relevage» dont le Louvre est doté ont été activées. En fin de journée, l’établissement a annoncé sa fermeture vendredi pour évacuer les œuvres en réserve. Elles seront déplacées dans les étages supérieurs, précise la direction de l'établissement dans un communiqué.

En cas d’évacuation, une partie des œuvres du Louvre peut également être transférée en urgence à Liévin, dans le Nord, près du Louvre-Lens. Un exercice de mobilisation anti-inondations avait eu lieu dans tous les musées parisiens exposés aux crues en 2014.

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