Le bruit de la guerre qui dévaste l'Europe. L'exode effréné des parisiens vers le sud. La France coupée en deux par la ligne de démarcation. La Suisse romande aux avant-postes de la tragédie. C'était il y a 80 ans. Chaque semaine de l'été, «Le Temps» vous raconte qui, entre larmes et rire, collaboration, compromissions et résistance, façonna la France à l'heure allemande. 

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Ils s’attendaient à cheminer à travers les décombres, à slalomer entre les digues de sacs de sable érigées, au moment des combats de mai 1940, autour de presque tous les monuments, tels l’obélisque de la Concorde, la colonne Vendôme ou la statue équestre de Louis XIV, place des Victoires. Or ils retrouvent Paris intact, converti aux exigences de ses nouveaux maîtres en uniforme feldgrau dont les soldats ont pour mission de redonner aussi vite que possible son «apparence normale» à la Ville Lumière.

Dès le 20 juin, une semaine après la première parade des troupes nazies sur les Champs-Elysées, une ordonnance du Militärbefehlshaber – le commandement allemand installé dans l’hôtel Majestic – l’a exigé en français: «Toutes les entreprises, les maisons de commerce, les banques poursuivront leur travail. Les directeurs seront responsables de leur fonctionnement loyal.» Les boutiques à touristes de la rue de Rivoli, pavoisée de drapeaux à croix gammée, ont installé sur leurs devantures des pancartes «Andenken von Paris» (souvenirs de Paris).