Afrique du Nord

Paris et Rome à couteaux tirés à propos de la Libye

L’avancée vers Tripoli des troupes du maréchal Haftar a mis le feu aux poudres. La France et l’Italie s’accusent de défendre des «intérêts cachés»

C’est presque une guerre dans la guerre. Ou du moins, ce sont de nouvelles frictions diplomatiques qui, entre la France et l’Italie, viennent s’ajouter à une liste déjà longue de désaccords. Depuis la fin de la semaine dernière, Rome n’en finit plus de pointer Paris du doigt à propos de sa politique en Libye. Un «pays en particulier», disait vendredi le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, pousse en faveur d’une solution militaire dans ce pays, «afin d’assouvir ses intérêts commerciaux et économiques».

Le chef de l’extrême droite italienne ne mentionnait pas la France. Mais d’autres s’en sont chargés. Et la diplomatie italienne a tôt fait de donner la plus grande répercussion possible à une protestation similaire de Fayez el-Sarraj, le chef de l’Etat libyen prétendument reconnu par la communauté internationale, qui se plaignait lui aussi en termes vifs auprès de la France.