L'islamologue suisse Tariq Ramadan est confronté mardi au tribunal judiciaire de Paris à l'une de ses premières accusatrices, Mounia Rabbouj, qui dénonce plusieurs viols en 2013 et 2014, faits pour lesquels il a été inculpé 

Tariq Ramadan, désormais mis en examen pour des viols sur cinq femmes, s'est dirigé aux alentours de 10h00 vers le cabinet de la juge d'instruction, a constaté une journaliste de l'AFP. Pour ce rendez-vous judiciaire, il est accompagné de ses cinq avocats français. C'est la première fois que l'islamologue, qui s'estime victime de la vengeance d'ex-maîtresses, est confronté à cette ancienne escort-girl de 47 ans qui a porté plainte contre lui en mars 2018.

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L'intellectuel de 58 ans a été mis en examen pour ces viols le 22 octobre, à l'issue d'une audition devant un juge d'instruction, comme le réclamait le parquet depuis le printemps 2018. «Il n'y aucun élément nouveau, c'est une mise en examen de pure forme pour pouvoir organiser prochainement la confrontation», avaient dénoncé à l'issue de l'interrogatoire les avocats, Mes Nabila Asmane, Ouadie Elhamamouchi et Philippe Ohayon.

Dans ce volet, «ce n'est pas la parole de Tariq Ramadan contre celle de cette femme, c'est cette femme contre ses propres mensonges graves et concordants», avaient-ils ajouté.

Confrontations genevoises 

Mounia Rabbouj -- partie civile lors d'un procès pour proxénétisme où comparut l'ancien patron du FMI Dominique Strauss-Kahn -- l'accuse de l'avoir violée à neuf reprises en France, à Londres et à Bruxelles, de 2013 à 2014.

A l'appui de son récit, Mounia Rabbouj avait présenté une robe tâchée du sperme de l'islamologue. Ce récit avait contraint l'intellectuel musulman, qui niait jusqu'alors toute relation extraconjugale, à admettre qu'il avait eu des relations adultères avec elle et d'anciennes maîtresses, un tournant majeur dans ce dossier.

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Tariq Ramadan est mis en examen pour des viols sur cinq femmes. La semaine dernière, il s'est rendu à Genève pour y être entendu par un procureur genevois sur des viols en Suisse en 2008 dont l'accuse une femme surnommée «Brigitte».

Le contrôle judiciaire de l'islamologue, qui lui interdisait de voyager hors de France, a été modifié en octobre pour lui permettre de répondre aux convocations du procureur de Genève pour les besoins de l'enquête. Deux confrontations entre «Brigitte» et Tariq Ramadan ont été organisées dans le cabinet d'un juge d'instruction à Paris en septembre et octobre.