L’un a dîné à l’Elysée dimanche soir. L’autre y sera ce soir. Entre sa rencontre dominicale avec le président chinois, Xi Jinping, et celle prévue ce lundi avec Barack Obama, François Hollande aura prononcé vers 11h au Bourget son discours d’ouverture de la COP21, puis présidé, dans l’après-midi, le lancement de l’Alliance internationale pour l’énergie solaire aux côtés de l’Indien Narendra Modi.
Un seul objectif au menu de ces dîners élyséens et des déclarations des quelque 150 chefs d’Etat ou de gouvernement (le nombre variait encore dimanche soir) qui, les uns après les autres, vont se succéder à partir de la mi-journée dans les deux salles plénières Loire et Seine, sur le site de la COP.

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Simonetta Sommaruga s’y exprimera au nom de la Confédération, avant que sa collègue Doris Leuthard ne prenne le relais pour les négociations. Pour éviter le scénario cauchemar de la COP15 à Copenhague, plongée il y a six ans dans le chaos par l’incapacité des dirigeants mondiaux à accoucher d’un accord au forceps, la France et la CCNUCC – la Convention-cadre de l’ONU sur les changements climatiques, organisatrice de la conférence – ont pris le parti inverse.
Aux «leaders» le soin d’imprimer, ce lundi et mardi, leur volonté commune de parvenir à un accord global.

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Aux experts et aux ministres, ensuite, de décliner cette volonté en un texte capable d’être accepté à l’unanimité par les 196 parties (195 pays, plus l’Union européenne).

La société civile est là aussi

La négociation technique, sur la base du texte issu de la dernière session de la CCNUCC à Bonn fin octobre, a démarré dimanche après-midi et se poursuivra jusqu’au 7 décembre. Place, ensuite, à la négociation politique sous la présidence du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dont l’élection est attendue ce lundi.

Croire que la COP est uniquement un rendez-vous diplomatique serait toutefois une erreur, même si l’état d’urgence décrété en France après les attentats du 13 novembre complique la donne pour les nombreux événements publics prévus.
La société civile, via les très nombreuses organisations non gouvernementales accréditées, sera représentée et ses délégués ont promis de faire pression sur les négociateurs. Les entreprises, conviées à exhiber leurs «solutions» contre le réchauffement sur le site du Bourget et au Grand Palais à Paris (où la Suisse dispose d’un pavillon), joueront aussi un rôle. A preuve: des personnalités comme Bill Gates, le nouveau patron de Microsoft Satya Nadella ou celui d’Apple Tim Cook sont attendus, aux côtés d’une ribambelle d’activistes dont l’acteur Leonardo DiCaprio. Le «show» climatique sera au rendez-vous. Un sommet des maires et des élus locaux pour le climat aura lieu à Paris, emmené par l’ancien maire de New York Michael Bloomberg, nommé envoyé spécial de l’ONU.

Comment garantir, dans ces conditions, que ce sommet de Paris ne soit pas un nouvel échec? Hier, au Bourget, Laurent Fabius et Christiana Figueres, la coordinatrice de l’ONU, rappelaient l’atout maître: 183 pays sur 195 ont, à la veille de la COP21, pris publiquement l’engagement de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre via des contributions nationales (INDC) appelées à devenir le thermomètre de leur citoyenneté climatique. Tout le reste, du prix futur du carbone aux conditions de révision d’un accord à venir, reste à discuter. Mais le compte à rebours, de fait, a désormais commencé.

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