Les syndicats à l'origine de la mobilisation contre la réforme des retraites ont décidé mardi la poursuite du mouvement par des «actions locales le 19 et jusque fin décembre» et l'absence de trêve «jusqu'au retrait» du projet du gouvernement, selon leur communiqué commun lu à l'issue d'une intersyndicale. «Sans réponse du gouvernement dans les heures qui viennent», les syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires «décideront des suites nécessaires au-delà du mois de décembre», selon le texte, qui ne prévoit pas à ce stade de nouvelle journée d'action nationale. «C'est un ultimatum», a commenté à l'issue de plus de trois heures de réunion Benoît Teste (FSU), pour qui «ce n'était pas complètement mûr pour fixer une nouvelle date de mobilisation nationale dès ce soir».

Une seule ligne de métro pour horizon. Depuis la grève du 5 décembre, ce retraité parisien engagé dans diverses associations n’emprunte que la ligne 1 entre Vincennes et Neuilly. Motif: entièrement automatisée (comme la ligne 14), cette desserte historique du métro parisien, qui passe par la gare de Lyon, est la seule à ne pas être menacée par les arrêts de travail des conducteurs de la RATP. Chaque jour, Jean-Louis, 72 ans, choisit donc de marcher à partir de l’une ou l’autre des stations desservies par la «une». Tout comme Angélique, une étudiante qui passe son temps à repérer des Vélib’, les vélos en libre-service qui, en raison de leur utilisation maximale ces jours-ci, sont dans un état de plus en plus problématique: «Ceux de la place de l’Hôtel-de-Ville avaient tous les pneus crevés lundi, explique-t-elle. On se passe le mot entre amis lorsqu’on en repère deux ou trois en bon état.»

Lucien Jacquet, 43 ans, est, lui, en attente depuis plus de deux heures dans le hall de la gare de Bercy, qui dessert la ligne ferroviaire Paris-Clermont-Ferrand. Il vient d’entendre, son téléphone portable collé à l’oreille, l’annonce de la directrice commerciale de la SNCF qui a promis, mardi, entre 50 et 60% des trains prévus pour le week-end prochain. Au même moment, la police intervenait place de la Nation pour interpeller les membres d’un black bloc, tous vêtus de noir et résolus à en découdre. Autre flash de la radio, entendu sur le portable. Qui croire?