Europe

Le Parlement européen demande une réévaluation de l’heure d’été

Les eurodéputés estiment dans une résolution adoptée par 384 voix contre 153 que les changements d’heure ont des «effets négatifs sur la santé des êtres humains»

Le Parlement européen a demandé jeudi à la Commission européenne une évaluation des avantages et des inconvénients du changement d’heure semestriel. Il a également requis la présentation, si nécessaire, d’une révision de la directive qui l’organise au sein de l’UE.

La résolution a été adoptée par 384 voix contre 153 et 12 abstentions. Elle amende la proposition initiale de la Commission des transports du Parlement qui demandait directement la fin de l’heure d’été. Les eurodéputés estiment que «de nombreuses études scientifiques [sur le sujet] n’ont pas eu de résultats concluants, mais ont en revanche indiqué l’existence d’effets négatifs sur la santé des êtres humains».

Introduit dans les années 70 par les Etats membres pour faire des économies d’énergie après le premier choc pétrolier, le passage à l’horaire d’été, qui ajoute une heure à l’heure d’hiver, fait l’objet d’une harmonisation au niveau de l’Union européenne depuis 1980.

Aucune étude déterminante

Une évaluation réalisée par les services du Parlement européen montre qu’aucune étude n’a été jusqu’à présent déterminante quant aux avantages et aux inconvénients du changement d’heure, aussi apprécié que décrié selon les individus et la latitude à laquelle ils résident.

La réduction des dépenses énergétiques semble, en tout état de cause, marginale, quand certaines études ne concluent pas à un effet opposé. Les impacts sur la santé humaine sont tout autant discutés, les bénéfices d’une exposition prolongée au soleil étant susceptibles de contrebalancer l’impact négatif du changement d’heure sur le sommeil et la fatigue.

Violeta Bulc, la commissaire chargée des Transports, a souligné que la question de l’heure d’été n’était pas un sujet, actuellement, pour les Etats membres, co-décideurs avec le Parlement en cas de modification de la directive.

«Si nous décidions de mettre un terme au système, il faudrait le faire dans l’ensemble de l’Union européenne de façon unifiée et synchronisée», a-t-elle souligné, avant de s’interroger: «Les bénéfices compensent-ils les perturbations?»


En Suisse, l’heure d’été est remise en cause depuis 1982

Le débat sur la suppression de l’heure d’été a commencé un an après son adoption définitive par la Confédération.

Berne a appliqué pour la première fois l’heure d’été en 1941, afin d’économiser de l’énergie. Faute d’avoir produit l’effet escompté, la mesure est cependant abandonnée en 1943. C’est finalement en 1981 que la Suisse s’aligne définitivement sur ses voisins. L’Italie et la France appliquent déjà l’heure d’été depuis quelques années, tandis que l’Allemagne et l’Autriche s’y mettent en 1980.

Motion en cours

Le système compte néanmoins un certain nombre de détracteurs. Ils pointent régulièrement la perturbation des rythmes biologiques et des activités agricoles, pour un bénéfice jugé trop faible en contrepartie.

Dès 1982, une initiative populaire «Pour la suppression de l’heure d’été» est déposée par un comité UDC de la région zurichoise. Elle échoue faute de récolter le nombre de signatures requis. Plus récemment, une conseillère nationale de ce même parti dépose une motion intitulée «Pour en finir avec les changements d’heure». Présenté en décembre 2016, l’objet doit encore être traité.

Le Conseil fédéral ne voit de son côté aucune raison d’abandonner l’heure d’été pour l’instant. Mais si les pays voisins franchissaient le pas, la Suisse suivrait pour des raisons principalement économiques.

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