Le Parlement européen a demandé mardi au Royaume-Uni d'activer «immédiatement» la clause de retrait de l'UE, prévue dans le traité de Lisbonne, «pour éviter à chacun une incertitude qui serait préjudiciable et protéger l'intégrité de l'Union».

Dans une résolution adoptée par 395 voix pour et 200 voix contre, les eurodéputés soulignent également que «la volonté exprimée par le peuple (britannique) doit être entièrement et scrupuleusement respectée».

De son côté, Jean-Claude Juncker, a exhorté ce mardi matin le Royaume-Uni à «clarifier le plus rapidement possible la situation» après le Brexit, excluant toute négociation avec Londres avant la notification de sa future sortie de l’UE.

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«Nous ne pouvons pas nous installer dans une incertitude prolongée […] Je voudrais que le Royaume-Uni clarifie sa position, pas aujourd’hui, pas demain matin, mais rapidement», a insisté Jean-Claude Juncker devant le Parlement européen réuni en session extraordinaire à Bruxelles. L’inquiétude est manifeste au sein de l’Union sur les conséquences politiques et économiques du divorce à venir.

«C'est nous qui décidons»

«Pas de notification, pas de négociation», a martelé le président de la Commission, prononçant ces derniers mots en anglais. Il a exclu que les conditions du divorce entre Londres et l’Union européenne puissent faire l’objet de «la moindre négociation secrète», ni que Londres en fixe le calendrier. «C’est nous qui décidons de l’ordre du jour, pas ceux qui veulent quitter l’UE», a-t-il prévenu.

Le Parlement européen doit adopter à la mi-journée une résolution, non contraignante, enjoignant le Royaume Uni à déclencher «immédiatement» la procédure de sa sortie de l’UE après le référendum du 23 juin favorable au Brexit.

Les chefs d’Etat multiplient les pressions

Dans leurs discours, les chefs des partis européens conservateurs, sociaux-démocrates et libéraux s'en sont tous pris violemment aux partisans du Brexit, l'ultranationaliste Nigel Farage en tête. Ils les ont accusés de sacrifier une génération entière de Britanniques. Nigel Farage (UKIP) avait bruyamment fait ses adieux au Parlement européen à la session de juin.

Face à la temporisation des dirigeants britanniques, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE, qui se réunissent en sommet à 13 heures GMT, multiplient eux aussi les pressions pour «ne pas perdre de temps» et ne pas paralyser le bloc dont l’avenir est en jeu.

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La chancelière allemande Angela Merkel a prévenu mardi 28 juin que le Royaume-Uni ne pourrait pas «choisir à la carte» de garder les privilèges qu’il avait au sein de l’Union européenne, tout en renonçant à toutes ses obligations.

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«On s’assurera que les négociations ne se déroulent pas selon le principe du "choix à la carte". […] celui qui sort de la famille ne peut pas s’attendre à ce que tous ses devoirs disparaissent et que ses privilèges soient maintenus», a-t-elle dit devant le Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand.

Angela Merkel a également insisté sur la solidité d’une Union européenne sans le Royaume-Uni. «L’UE est assez forte pour surmonter le départ de la Grande-Bretagne, elle est assez forte pour continuer à aller de l’avant même à 27 membres», a-t-elle jugé.