Le Parlement européen s’est dit mercredi «préoccupé» par le respect des droits des citoyens après le Brexit, en particulier pour les ressortissants européens installés au Royaume-Uni.

Dans une résolution votée à une large majorité (610 voix pour, 29 contre et 68 abstentions), les eurodéputés s’inquiètent de la gestion des demandes de résidence permanente déposées au Royaume-Uni. Le départ britannique est prévu le 31 janvier, suivi d’une période de transition durant laquelle la législation européenne continuera de s’appliquer, jusqu’à la fin de l’année.

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«Une importante proportion de citoyens européens ayant demandé un statut de résident permanent au Royaume-Uni se sont uniquement vu attribuer un statut de résident provisoire», constate le Parlement, qui estime que cette situation pourrait être évitée «si le Royaume-Uni opte pour une procédure administrative de nature déclaratoire».

Selon le Parlement, l’attitude de l’administration britannique a causé «une incertitude et une anxiété inutile auprès des citoyens concernés». Il déplore le manque de moyens et d’aides apportés à ceux qui s’engagent dans cette procédure.

Clarifier le cas de l’Irlande du Nord

Les eurodéputés demandent également au gouvernement britannique de clarifier l’obtention du statut de résident permanent pour les citoyens de l’UE qui se trouvent en Irlande du nord, et qui n’ont pas demandé la citoyenneté britannique au titre de l’accord du Vendredi saint.

Une bonne partie de l’accord de retrait, qui stipule les conditions du divorce entre le Royaume-Uni et l’UE, régit les droits des citoyens directement concernés par le Brexit: 3,2 millions de ressortissants européens au Royaume-Uni et 1,2 million de Britanniques dans le reste de l’UE.

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Lors d’un débat mardi en amont du vote, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen avait indiqué qu’environ «2,5 millions de citoyens européens habitant au Royaume-Uni ont déjà fait une demande de résidence».

Incertitude après «40 ans ou plus» dans le pays

«La plupart ont reçu une preuve de leur droit à rester», avait ajouté Mme von der Leyen, s’inquiétant que d’autres se voient dans l’obligation de fournir des justifications supplémentaires «alors qu’ils ont vécu dans le pays depuis 40 ans ou plus».

Le négociateur en chef de l’UE Michel Barnier a déclaré mardi que la «Commission serait particulièrement vigilante» aux obstacles administratifs rencontrés par les citoyens européens installés au Royaume-Uni. Avec Mme von der Leyen, il a appelé à la mise en place d’un organe «indépendant» pour superviser ces questions.

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