C’est la première fois que le président d’un land allemand est élu grâce aux voix de l’extrême droite. Mercredi, Thomas Kemmerich, chef régional du Parti libéral-démocrate (FDP), devance le président sortant Bodo Ramelow d’une voix grâce au soutien des élus d’Alternative pour l’Allemagne (AfD) et de la plupart des membres du parti conservateur (CDU). Cette élection sans précédent engendre un geste de protestation de la part de l’opposition. Susanne Hennig, cheffe du parti d’opposition Die Linke, jette un bouquet de fleurs aux pieds du nouveau ministre-président.

Autre exemple, cette fois aux Etats-Unis. Mardi, la présidente de la Chambre des représentants déchire la copie du discours sur l’état de l’Union que Donald Trump vient de prononcer devant le Congrès. Nancy Pelosi souhaite montrer son opposition ferme à la politique du président américain. Son geste est aussi une réponse au refus de Donald Trump de lui serrer la main avant de prononcer son discours.

Le Parlement européen a récemment été le théâtre de gestes politiques forts. Dernier en date: les élus du Brexit Party tournent le dos à l’assemblée pendant que résonne l’hymne de l’UE, le 2 juillet 2019. Forts de leur victoire lors du référendum du 23 juin 2016, les partisans du Brexit affichent leur détermination face à leurs collègues.

La question de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne n’a pas suscité des réactions uniquement au niveau supranational. Le parlement britannique a aussi assisté à des coups d’éclat. Le 14 décembre 2018, un député travailliste s’empare du sceptre royal, symbole de l’autorité de la reine, pour protester contre le report du vote du parlement sur le Brexit. Ce geste est loin d’être anodin car aucune loi ne peut être votée si l’objet ne repose pas au milieu de la Chambre. Lloyd Russel-Moyle a été exclu de la séance à cause de son geste.

La Suisse n’est pas en reste. En 2012, Eric Stauffer jette son verre d’eau sur l’élu du Parti libéral-radical Pierre Weiss lors d’une séance du Grand Conseil de Genève. En réaction, l’assemblée exclut le président du Mouvement citoyens genevois des commissions dans lesquelles il siège pour cinq mois.

En 2016, deux députés ukrainiens s’affrontent violemment lors d’une séance. Oleh Liachko, chef du Parti radical ukrainien, accuse un membre de l’opposition, Iouri Boïko, de défendre les intérêts du Kremlin au sein de l’hémicycle. Depuis 2014, la Russie et l’Ukraine s’affrontent militairement et politiquement. La Crimée a été annexée par Moscou, qui soutient par ailleurs les séparatistes pro-russes dans la région du Donbass. L’incident n’a rien de nouveau: les élus du parlement ukrainien ont plusieurs fois réglé leurs différends par des coups de poing.