Parlements:

une première africaine

Genève Electionà la tête de l’UIP

Un bastion européen vient de tomber. Pour la première fois, l’Union interparlementaire (UIP), qui fêtera cette année son 125e anniversaire, sera dirigée par un Africain. Le Camerounais Martin Chungong a été élu à la tête de la vénérable institution avec une confortable majorité. Fondée en 1889 par deux députés pacifistes, l’un Français et l’autre Anglais, l’organisation vise à renforcer les parlements dans le monde. Elle compte aujourd’hui 164 pays mais elle a toujours été présidée par des Européens.

«Mon élection est une reconnaissance des progrès de la démocratie dans d’autres régions du monde», déclare Martin Chungong, qui était déjà secrétaire général adjoint de l’UIP depuis deux ans. Il a rejoint l’organisation en 1993 déjà mais n’était pas lui-même député.

Avec son président Paul Biya au pouvoir depuis trente-deux ans, un record, le Cameroun n’est pas un modèle. Le diplomate élude prudemment: «Je ne porte pas de jugement sur le régime de mon pays. Il n’est pas exclu que l’UIP intervienne au Cameroun, comme dans d’autres pays, pour garantir l’intégrité du parlement.»

Difficultés budgétaires

L’UIP apporte une assistance technique aux parlements, comme en Birmanie. Elle sert aussi de médiatrice en cas de conflit entre l’exécutif et le législatif. Des missions ont récemment été organisées au Burundi, aux Maldives ou en Sierra Leone. Selon le décompte de l’UIP, quelque 600 députés ont été assassinés, sont emprisonnés ou sont menacés à travers le monde. L’organisation dispose d’une procédure confidentielle pour réclamer des comptes aux pays concernés.

Dès son entrée en fonction en juillet prochain, la tâche du nouveau secrétaire général sera de rationaliser le travail de l’organisation. L’UIP est financée par les contributions de ses pays membres et souffre des restrictions budgétaires. Installé dans une villa du Grand-Saconnex, à Genève, le secrétariat compte une quarantaine de postes. «Je veux aussi rendre l’organisation plus visible», conclut Martin Chungong.