Il y a bien sûr les fameux «parrainages»: ces 500 signatures d’élus nationaux, régionaux et locaux que tout candidat à l’élection présidentielle française doit impérativement recueillir pour pouvoir se présenter devant le suffrage universel. «Rien que pour ça, à six mois du scrutin, tous nous courtisent. Chaque commune compte», souriait, le 6 novembre, Sébastien Eugène, maire de Château-Thierry (Aisne), en marge d’une conférence sur l’un des grands personnages de sa commune champenoise: le colonel des Gardes suisses Pierre Stoppa, favori de Louis XIV.

Mais lorsque le 103e congrès des maires et présidents d’intercommunalité de France (le millefeuille territorial hexagonal a maintenu le niveau communal tout en imposant des regroupements) s’ouvrira mardi à Paris, un autre sujet va justifier l’attention des observateurs: l’état du pays «réel», que ses édiles sont supposés mieux connaître que quiconque. «Les maires ont, dans l’inconscient politique collectif français, le rôle de baromètre ultime, nous confiait récemment Jérôme Fourquet, le politologue coauteur de La France sous nos yeux (Seuil). Le maire, c’est l’élu qui se coltine les Français et leurs problèmes tous les jours, en direct…»