Selon les derniers chiffres rendus publics par le ministère de l’Intérieur, la participation s’est élevée à 64,6%, en chute de près de huit points par rapport aux élections régionales de 2005 (72%) et un niveau proche du score très faible des européennes de juin 2009 (65,5%). La chute est particulièrement forte dans le Latium, la région de Rome, avec une participation de 43,3%, contre 55,8% en 2005, soit 12,5 points d’écart.

Dans cette région, où deux femmes s’affrontent – l’ancienne députée européenne radicale Emma Bonino et la syndicaliste de droite Renata Polverini –, les dépôts de listes du parti de Silvio Berlusconi, le Peuple de la liberté (PDL) avaient fait l’objet d’un véritable cafouillage.

«Selon certains, la tentation de ne pas se rendre aux urnes […] est plus forte au sein de l’électorat du PDL», le Peuple de la Liberté, parti dont Silvio Berlusconi est le co-fondateur, écrivait le spécialiste des sondages Renato Mannheimer, dans les colonnes du Corriere della Sera. La Ligue du Nord, le parti populiste allié mais aussi concurrent du PDL au sein de la coalition au pouvoir, ainsi que l’opposition, «pourraient partiellement en bénéficier», ajoutait M. Mannheimer.

Face à la pression, le PDL a lancé lundi matin un appel aux électeurs en Une de Il Giornale: «il reste quelques heures pour arrêter la gauche!», tout en reconnaissant que «le peuple de centre-droit a quelques raisons d’être de mauvaise humeur».

«Ne pas voter ne signifie pas seulement protester contre les erreurs du gouvernement et les cafouillages de la majorité, ne pas aller voter signifie également faire gagner cette gauche», mettait en garde Il Giornale, qui appartient à la famille de Berlusconi. La droite dirige actuellement deux des treize régions en jeu. Il y a trois mois seulement, surfant sur la vague de popularité de M. Berlusconi, elle comptait en arracher quatre ou cinq de plus à la gauche.

Mais empêtrée depuis des semaines dans des scandales de corruption impliquant ses élus, et un cafouillage autour de ses listes dans les deux plus importantes régions, la Lombardie et le Latium, le PDL a perdu énormément de voix, une partie de l’électorat choisissant de s’abstenir et une autre se tournant vers son allié-rival, la Ligue du Nord. «Si le taux de participation est inférieur à 70%, cela nous pénalisera», reconnaît Osvaldo Napoli, vice-président du groupe PDL à la Chambre des députés.

Près de 41 millions d’électeurs étaient appelés à voter sur deux jours pour les présidents de 13 des 20 régions du pays. Les quelque 50 000 bureaux de vote, fermés dimanche à heures, ont rouvert lundi matin. Le dépouillement des bulletins devrait commencer vers 15 heures. Quant aux premières projections, elles sont attendues vers 16 heures.

«La lecture des résultats du vote sera difficile car le scrutin n’est organisé que dans 13 régions, les listes sont multiples et il faudra évaluer davantage en termes de + gauche ou droite + que sur les (performances des) seuls partis», avertit Nando Pagnoncelli de l’Institut IPSOS.

La Ligue du Nord tentera de ravir au PDL la première place dans les riches régions du Nord, la Lombardie et la Vénétie, et elle a déjà annoncé, en cas de victoire son intention de réclamer un ministère supplémentaire et la mairie de Milan, la seconde ville du pays, des revendications qui pourraient faire vaciller la majorité.