Les Français ont commencé à voter dimanche matin pour le premier tour d’élections régionales qui devraient se traduire par un vote sanction contre le président Nicolas Sarkozy, à mi-parcours de son mandat.

Les bureaux de vote ont ouvert à 08H00 (07H00 GMT) pour permettre à 44,2 millions d’électeurs de désigner les conseillers qui composeront les assemblées des 26 régions françaises (outre-mer compris). Il s’agit de la dernière élection intermédiaire, avant l’élection présidentielle de 2012.

«N’écoutez pas ceux qui disent que les jeux sont joués d’avance. Ne croyez pas ceux qui mélangent les sondages et les urnes», avait lancé aux dernières heures de la campagne électorale le Premier ministre François Fillon.

Avant le vote, la presse et les instituts de sondage prédisaient une cuisante défaite pour le parti présidentiel UMP (droite), qui devrait être largement devancé par les listes de gauche et écologistes.

L’UMP, le parti de Nicolas Sarkozy, était donné autour de 30%, de même que le parti socialiste (PS), principal parti d’opposition.

Mais ce dernier devrait bénéficier d’alliances avec les autres partis de gauche, écologistes en tête, en vue du second tour qui aura lieu dimanche prochain, 21 mars. Les listes Europe-Ecologie pouvaient espérer des scores compris entre 12 et 15%, selon les sondages.

La gauche, déjà nettement victorieuse lors des précédentes élections régionales de 2004, contrôle 24 des 26 régions françaises. Elle espère cette fois-ci réaliser un grand chelem, et ravir à la droite les deux régions qui lui échappent encore, l’Alsace et la Corse.

Une victoire très large de la gauche représenterait un immense succès personnel pour Martine Aubry, la dirigeante du Parti socialiste, en quête de légitimité pour s’imposer comme la meilleure candidate de son camp en 2012.

Un test politique national

Nicolas Sarkozy ne cesse de répéter que le scrutin est régional et qu’il ne peut avoir de conséquences nationales. Mais il ajoute qu’il écoutera le message que lui adresseront les électeurs.

Le président français voit, depuis des mois, sa cote de popularité chuter. Il a dû affronter la crise économique et ses conséquences sur l’emploi. Mais il a aussi été très critiqué pour sa gestion de plusieurs autres dossiers, comme celui du rapport de la société française à l’immigration, à l’occasion d’un débat sur l’identité nationale qu’il avait lui-même initié.

Selon les experts, le scrutin devait être marqué par une très forte absention, autour de 50%, en particulier parmi les électeurs de la majorité de droite. «Cela signifie de la part de l’électorat de droite un mécontentement à l’égard de la manière dont Sarkozy mène son action présidentielle», note le politologue Stéphane Rozès.

La présence sur les listes candidates de pas moins de 20 ministres accentue la dimension de test national de cette élection.

Premières estimations officielles vers 20h00

A gauche, le score de Ségolène Royal dans sa région de Poitou-Charentes (ouest), rivale malheureuse de Nicolas Sarkozy en 2007, sera particulièrement surveillé. Il déterminera en partie sa capacité à peser sur la prochaine présidentielle.

Au sud-est, dans la région Provence-Côte d’Azur, le vieux chef de l’extrême droite, Jean-Marie Le Pen, livre son dernier combat électoral.

Les derniers bureaux fermeront à 20H00, heure à laquelle les chaîne de télévision publieront des estimations d’instituts de sondage, en général extrêmement proches des résultats finaux.

Ces élections régionales se disputent selon un mode de scrutin très complexe. Il s’agit d’un scrutin à la proportionnelle à deux tours, permettant des alliances entre ces deux tours et offrant une prime en nombre de sièges à la liste arrivée en tête.