A Beyrouth, à Saïda (sud) ou encore à Zahlé (est), des centaines de personnes attendaient dès les premières heures de la journée devant les bureaux de vote.

D’après les correspondants de l’AFP, la participation était déjà très importante peu après leur ouverture à 07H00 (04H00 GMT).

Le scrutin se déroule sous haute surveillance, avec près de 50.000 soldats et policiers déployés pour parer à tout incident. Des chars de l’armée étaient visibles dans toutes les rues des grandes villes.

«C’est un grand jour pour la démocratie et pour le Liban. Que Dieu préserve cette démocratie et qu’on sache la protéger», a affirmé à la presse Saad Hariri, chef de la majorité parlementaire sortante, l’un des premiers dirigeants à voter.

Le président de la République Michel Sleimane, qui a voté à Amchit (nord), a appelé tous les hommes politiques à «baisser le ton de leurs discours», très tendus durant la bataille électorale qui oppose la minorité parlementaire conduite par le Hezbollah chiite et soutenue par l’Iran et la Syrie à la majorité emmenée par le parti sunnite de Saad Hariri, appuyée notamment par Washington et Ryad.

«Personne ne sera gagnant si la situation est tendue», a-t-il indiqué.

D’après les sondages, la bataille sera serrée et se jouera sur une trentaine de sièges, notamment dans les régions chrétiennes où les électeurs sont divisés entre les deux parties.

Ainsi, le camp vainqueur ne devrait l’emporter que de deux ou trois sièges, selon les différents instituts.

«Je viens du Brésil spécialement pour voter pour les Forces libanaises (chrétiens, majorité) car la concurrence est rude», assure Oum Tony, 65 ans, dans la ville de Zahlé, à majorité chrétienne.

«Si le général Michel Aoun ne gagne pas, ce sera la fin du Liban», assure de son côté Sleimane, également un habitant de Zahlé, en référence à l’allié chrétien du Hezbollah.

Les élections sont supervisées par plus de 200 observateurs internationaux venus notamment de l’Union européenne et du Centre Carter.

«Je n’ai pas d’inquiétudes concernant les élections. Notre souci est que les Libanais acceptent le résultat», a affirmé à la presse l’ancien président américain Jimmy Carter devant l’un des bureaux de vote à Beyrouth.

Quelque 3,2 millions de Libanais sont appelés aux urnes et des milliers d’expatriés sont rentrés pour participer, la loi n’accordant pas le droit de voter de l’étranger.

Les électeurs choisiront 128 députés parmi 587 candidats, répartis à parité entre chrétiens et musulmans pour un mandat de quatre ans.

Chaque communauté religieuse se voit attribuer un nombre de sièges dans 26 circonscriptions en fonction de son poids démographique. Les députés sont élus à la majorité simple.

Le vote aidera à déterminer si le futur gouvernement de ce petit pays méditerranéen, qui partage des frontières avec la Syrie et Israël, continuera de bénéficier du soutien occidental, notamment celui des Etats-Unis, ou s’orientera davantage vers l’Iran et la Syrie, ancienne puissance de tutelle.

Les deux camps sont engagés dans un bras de fer depuis quatre ans qui a failli plonger le pays dans une nouvelle guerre civile en mai 2008.

Si la campagne a été exempte de violences, beaucoup craignent des dérapages une fois les résultats annoncés. Ceux-ci devraient l’être lundi, à moins d’incidents majeurs ou de fraude.