Analyse

Patrick Balkany, des «affaires» à la prison ferme

Quatre ans de prison ferme et incarcération immédiate pour le maire de Levallois-Perret, reconnu coupable de fraude fiscale. Son épouse est également condamnée. L’épilogue probable d’une vie politique française entachée par les accusations de corruption

Plus qu’une condamnation pour «fraude fiscale», la peine infligée à Patrick Balkany par le Tribunal correctionnel de Paris sonne comme la sanction judiciaire d’une vie politique sulfureuse et associée de longue date aux soupçons de corruption. La décision des juges de le condamner à 4 ans de prison ferme, avec incarcération immédiate, a évidemment valeur de symbole pour une classe politique française dont l’élu de l’Ouest parisien était l’un des ténors, côté affaires et accusations de malversations. Une partie de l’argent que Patrick Balkany a été reconnu coupable d’avoir dissimulée au fisc se trouvait en Suisse. L’élu a toujours affirmé qu’il s’agissait non de fonds détournés, mais de la fortune de son père, enrichi dans le commerce de surplus américains après-guerre.

Patrick Balkany, âgé de 71 ans, fut pendant des décennies l’un des maillons clés du système mis en place par la droite fidèle à Nicolas Sarkozy dans le très riche département des Hauts-de-Seine. Un système mis à nu dans les années 1990 par les révélations autour du «scandale des HLM» départementaux, dont la gestion par un ex-ami de Balkany, Didier Schuller, servait de pompe à finance électorale.