Le patron de la Deutsche Bank, première banque allemande, a échappé à une tentative d’attentat à la lettre piégée. L’envoi a été revendiqué par un groupe d’extrême gauche italien, la Federazione Anarchica Informale (FAI),a indiqué jeudi la police allemande.

Banquier le plus médiatisé et le plus connu d’Allemagne, de nationalité suisse, M. Ackermann, 63 ans, est un homme controversé, qui incarne pour une partie de l’opinion allemande les dérives de la finance.

M. Ackermann doit être remplacé à la tête de la banque à partir du printemps prochain par l’Anglo-Indien Anshu Jain et l’Allemand Jürgen Fitschen. Il avait renoncé mi-novembre à briguer l’an prochain la présidence du conseil de surveillance de son groupe, invoquant un agenda trop chargé à cause de la crise financière.

En novembre 1989, le patron de la Deutsche Bank de l’époque, Alfred Herrhausen, avait été assassiné dans un attentat à la bombe qui fut revendiqué par l’organisation d’extrême-gauche Fraction Armée Rouge (RAF).

Revendication

Interceptée mercredi au sein du service courrier de la Deutsche Bank, la lettre suspecte était adressée personnellement à M. Ackermann. Après avoir passé le courrier aux rayons X, les services de la banque ont aussitôt alerté la police.

«D’après les premières investigations, il s’agit d’une lettre piégée explosive qui était opérationnelle», selon les autorités allemandes. La lettre de revendication, manuscrite et en italien, cachée dans la lettre piégée, a été découverte plus tard dans la journée.

La missive est signée de la Fédération anarchiste informelle (FAI, Federazione Anarchica Informale), une organisation armée anarchiste présente en Italie qui a déjà posé des bombes ou envoyé des colis piégés faisant parfois des blessés. En 2003, elle avait ciblé la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort en lui adressant une lettre piégée qui n’avait pas fait de victime.

Dans sa lettre de revendication, l’organisation évoque «trois explosions contre des banques, banquiers, des tiques et des sangsues». La police allemande part donc du principe que deux autres lettres piégées ont pu être envoyées. «Nous n’avons pour l’instant été informés d’aucun autre attentat. Mais nous restons vigilants», a déclaré un porte-parole de la police.

Sécurité renforcée

Deutsche Bank a pour sa part renforcé ses mesures de sécurité. «Vous pouvez vous imaginer, qu’en raison de l’incident d’hier, que nous avons découvert nous même et signalé à la police, nous faisons encore plus attention à ce que la sécurité soit assurée», a expliqué un porte-parole.

L’incident intervient en pleine crise financière de la zone euro, alors que la responsabilité des banques dans la crise et les aides publiques dont elles ont bénéficié ont souvent été stigmatisés.