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A.G. Sulzberger lors des Matrix Awards à New York. 23 avril 2018.
© Rob Kim/AFP Photo/Getty Images North America

États-Unis

Le patron du «New York Times» alerte Donald Trump sur sa rhétorique anti-presse

Arthur Gregg Sulzberger a rencontré dimanche Donald Trump, qui accuse régulièrement les médias généralistes américains de diffuser de fausses informations

Le patron du prestigieux New York Times a révélé dimanche avoir vigoureusement mis en garde Donald Trump sur ses attaques répétées contre la presse lors d’une rencontre à la Maison-Blanche, qualifiant son discours sur les fake news de «dangereux et nuisible».

Lire aussi: Le «New York Times», vu comme antidote aux «fake news»

C’est le président américain lui-même qui avait révélé un peu plus tôt dans un tweet avoir discuté de fausses informations avec Arthur Gregg Sulzberger, directeur de la publication du New York Times, que Donald Trump prend régulièrement pour cible de ses critiques. «Avons passé beaucoup de temps à parler des vastes quantités de Fake News qui sont publiées par les médias et comment ces Fake News se sont métamorphosées en une phrase, «Ennemi du peuple». Triste!» a-t-il tweeté.

Ce tweet a conduit A.G. Sulzberger à publier un communiqué sur cette rencontre, qui était supposée rester confidentielle, comme toutes les réunions que les dirigeants des grands médias américains ont régulièrement avec les responsables du gouvernement.

Une augmentation des menaces contre les journalistes

A.G. Sulzberger, 37 ans, a précisé avoir rencontré le président septuagénaire le 20 juillet, à la demande de la Maison-Blanche, accompagné du responsable de la page éditoriale du journal, James Bennet. Il a ajouté avoir décidé de répondre publiquement au tweet de Donald Trump, en se basant sur les notes détaillées prises par James Bennet et lui-même.

«Mon objectif principal en acceptant cette rencontre était de soulever mes inquiétudes au sujet de la rhétorique anti-presse extrêmement troublante du président», a expliqué celui qui a succédé début 2018 à son père Arthur Ochs Sulzberger comme directeur de la publication du Times.

«J’ai dit franchement au président que je pensais que son discours n’était pas seulement facteur de division mais qu’il était de plus en plus dangereux»

«Je lui ai dit que bien que l’expression «fake news» soit fausse et nuisible, j’étais beaucoup plus préoccupé par sa façon de caractériser les journalistes comme des «ennemis du peuple», a-t-il ajouté. Je l’ai prévenu que ce langage incendiaire contribuait à une augmentation des menaces contre les journalistes et allait inciter à la violence», a poursuivi le patron du NYT, précisant avoir insisté sur le fait que «c’est particulièrement vrai à l’étranger».

Lire aussi: Quand la lutte contre les «fake news» facilite la censure

«La rhétorique du président est utilisée par certains régimes pour justifier des répressions d’ampleur contre les journalistes», a-t-il dénoncé. «Je l’ai imploré de revenir sur ses vastes attaques contre le journalisme, que je pense être dangereuses et nuisibles pour notre pays», a ajouté A.G. Sulzberger tout en précisant que le président américain avait bien sûr le droit comme ses prédécesseurs de critiquer la façon dont la presse relate son action.

Des diatribes perpétuelles contre la presse

Donald Trump ne pouvait pas laisser le New York Times avoir le dernier mot: dans une série de tweets dimanche après-midi, le président américain a lancé de nouvelles attaques contre la presse, affirmant que ce sont les médias qui «mettent des vies en danger, et pas seulement celles de journalistes […] en révélant des délibérations internes de l’administration».

«Le défaillant New York Times et le Washington Post d’Amazon ne font rien qu’écrire de mauvais articles, même sur des réussites très positives, et ils ne changeront jamais!» a-t-il ajouté.

Le New York Times fait partie des médias les plus souvent attaqués par Donald Trump, avec la chaîne CNN et le Washington Post, propriété du patron d’Amazon, Jeff Bezos. Les diatribes contre la presse font partie du cocktail idéologique du milliardaire républicain, qui cherche à décrier les élites, dont la presse, selon lui éloignées des préoccupations du pays.

Lire aussi: «Fake news»: un terme nouveau pour de vieilles histoires

Le New York Times occupe cependant une place à part pour Donald Trump. Né à New York, ville où il a construit son succès dans les affaires, c’est probablement le journal qu’il connaît le mieux. C’est à lui aussi qu’il avait accordé l’une de ses premières grandes interviews peu après son élection.

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