Vladimir Poutine continue de faire le ménage. Après Tatiana Diatchenko, fille et conseillère en image de Boris Eltsine, c'était lundi au tour de Pavel Borodine, l'intendant du Kremlin, «d'être soulagé de ses devoirs». Symbole des scandales qui ont terni les derniers mois du règne de Boris Eltsine et donné de ce pays l'image de la «plus grande kleptocratie du monde», celui qui illuminait et meublait les couloirs du pouvoir depuis 1993 a été transféré au poste essentiellement honorifique de secrétaire de l'Union Russie-Biélorussie. Simple lifting de façade ou réelle volonté d'écarter les plus compromis des fonctionnaires? Il est sans doute trop tôt pour le dire. «La famille» conserve, pour l'instant en tout cas, son fidèle allié Alexandre Volochine aux rênes de l'administration présidentielle.

Chef de la direction des affaires présidentielles, Pavel Borodine était chargé d'assurer le bien-être du chef de l'Etat, de ses collaborateurs, des membres du gouvernement et des députés ainsi que de rénover et d'entretenir les quelque 700 bâtiments officiels qui constituent l'empire immobilier du Kremlin. Sous enquête en Russie depuis fin 1998 pour corruption passive et abus de pouvoir, l'ancien intentant est suspecté d'avoir octroyé de juteux marchés à la firme luganaise Mabetex contre des pots-de-vin. Son nom figure également en tête de liste des hauts fonctionnaires et anciens membres du gouvernement russe dont les comptes en Suisse font l'objet d'une enquête en blanchiment menée par la justice genevoise.

Pavel Borodine a toujours tout nié. Il s'est longtemps défendu de faire l'objet d'une procédure en Russie avant que la perquisition de ses bureaux n'atteste du contraire. Il a enfin démenti avoir détenu le moindre centime à l'étranger malgré la découverte d'au moins deux comptes à son nom à Genève et Lugano. L'enquête en Suisse se poursuit. Qu'adviendra-t-il des investigations menées par le Parquet russe? Là encore, c'est l'incertitude.