Une semaine après avoir essuyé un échec devant le juge Viktor Pohorelsy du district de Brooklyn, Pavel Borodine a réitéré vendredi sa demande de libération sous caution. L'ancien intendant du Kremlin a fait appel et c'est désormais un juge fédéral qui doit trancher la seule question qui se pose en l'état. Celle de savoir si les garanties présentées par la défense sont suffisantes pour prévenir le risque de fuite. Le magistrat a mis sa décision en délibéré.

Recherché par la justice genevoise pour blanchiment et participation à une organisation criminelle, Pavel Borodine a été arrêté à son arrivée à New York, le 17 janvier dernier. Détenu depuis lors à titre extraditionnel, l'ancien intendant du Kremlin, promu au poste de secrétaire de l'Union Russie-Biélorussie, tente de convaincre qu'il n'entend pas s'évaporer une fois libéré. Son avocat, T. Barry Kingham, a proposé à la Cour de fixer elle-même le montant de la caution, évoqué le port d'un bracelet électronique ainsi qu'une surveillance par des gardes privés américains. Pavel Borodine pourrait être hébergé dans les locaux du patriarcat orthodoxe ou dans un hôtel de Manhattan. Enfin, les autorités russes s'engagent à lui interdire tout accès à des bâtiments diplomatiques où il serait hors d'atteinte. De son côté, l'attorney fédéral Tom Firestone s'est opposé à cette libération.

Procédure longue

L'ancien intendant du Kremlin, qui a été brièvement hospitalisé la semaine dernière pour un malaise cardiaque dû à des problèmes de diabète, a depuis réintégré sa cellule. La première audience consacrée à la demande d'extradition aura lieu le 2 avril prochain. En l'état, Pavel Borodine s'oppose à la requête suisse. La procédure s'annonce donc longue. Surtout pour le principal intéressé si d'aventure il doit attendre cette issue derrière les barreaux.