La Corée du Sud a interdit mardi les grands rassemblements et ordonné la fermeture des boîtes de nuit, des musées ainsi que de certains restaurants à Séoul et dans sa région en raison d'une hausse des cas de coronavirus.

La Corée du Sud avait jusqu'ici réussi à juguler l'épidémie grâce à une stratégie très poussée de tests et de traçage des contacts des personnes infectées. De nouveaux foyers d'infections sont récemment apparus, la plupart liés à des communautés religieuses.

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Plus de 200 nouveaux cas

Le pays, qui compte 51 millions d'habitants, a fait état mardi de 246 nouveaux cas de Covid-19, portant le bilan national depuis le début de l'épidémie en février à 15 761 personnes porteuses du virus.

Il s'agit du cinquième jour consécutif où le nombre de contaminations a dépassé la centaine, après plusieurs semaines où les chiffres ont fluctué entre une trentaine et une quarantaine.

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Les mesures

Le premier ministre Chung Sye-kyun a déclaré que douze catégories d'entreprises considérées à risque élevé, notamment les boîtes de nuit, les bars à karaoké et les restaurants proposant des buffets devront fermer à compter de mercredi à Séoul, Incheon et dans la province voisine de Gyeonggi.

Les établissements publics, comme les musées, de cette vaste zone qui représente la moitié de la population du pays, devront fermer leurs portes. Les rassemblements de plus de 50 personnes dans un espace clos sont interdits tout comme ceux réunissant plus de 100 personnes à l'extérieur.

Si ces mesures ne suffisent pas à contenir le virus, il y aura «d'importantes répercussions sur notre économie et sur les moyens de subsistance des gens», a mis en garde Chung Sye-kyun.

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Le rôle des rassemblements religieux

Tous les rassemblements religieux sont interdits depuis samedi à Séoul et dans la province qui entoure la capitale et les rencontres sportives se déroulent à huis clos. Les habitants ont été invités à éviter tout déplacement inutile.

Le plus grand foyer d'infections se situe au sein de l'Eglise Sarang Jeil à Séoul, dirigée par un pasteur conservateur qui a été testé positif. Mardi, un total de 457 cas avaient un lien avec cette Eglise, mais les autorités sanitaires ont affirmé que la situation actuelle est «bien plus grave» que lors de l'apparition des premiers cas en février. Plus de 5000 personnes liées à une secte religieuse avaient alors été contaminées, essentiellement dans la ville de Daegu, dans le sud du pays.

La menace d'un confinement général

Selon des informations de presse, les membres de l'Eglise Sarang Jeil sont disséminés à travers tout le pays. Cette fois, «il y a un risque que le virus se répande dans tout le pays», a affirmé Kwon Jun-wook, directeur général adjoint du Centre de contrôle des maladies. «Si la propagation ne peut être contenue cette semaine, la vie quotidienne dans tout le pays devra peut-être s'arrêter», a-t-il averti.