Au vu des «tensions entre la Russie et l'Ukraine», les dirigeants de l'Allemagne, des Etats-Unis, de la France, de l'Italie et du Royaume-Uni ont «exprimé leur détermination à ce que la souveraineté» de l'Ukraine «soit respectée», a indiqué l'Elysée dans un communiqué lundi.

Alors que la Russie est accusée de préparer une attaque de son voisin ukrainien, les cinq chefs d'Etat et de gouvernement ont également «dit leur engagement à agir pour maintenir la paix et la sécurité en Europe», a ajouté la présidence française à l'issue d'un appel téléphonique entre les dirigeants. Selon l'Elysée, ils ont tous rappelé la nécessité que la Russie se réengage dans les négociations avec l'Ukraine, dans le cadre du groupe dit «Normandie», sous l'égide de la France et de l'Allemagne.

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Une riposte militaire américaine exclue pour l'instant

Cette coordination diplomatique des Occidentaux intervient à la veille d'un entretien en visioconférence très attendu entre Joe Biden et Vladimir Poutine sur le sujet. Ils se sont déjà téléphoné plusieurs fois, et se sont vus en personne en juin à Genève, une réunion jugée encourageante par l'administration Biden, dans sa quête d'une relation bilatérale «stable» et «prévisible». C'est cette fois dans un contexte au contraire extrêmement volatil qu'ils se retrouvent, sous forme de vidéoconférence - sécurisée, précise la Maison-Blanche - à 10h00 du matin à Washington.

Joe Biden joue une partition délicate. Il se veut le grand porte-parole des démocrates dans le monde - et organise d'ailleurs jeudi et vendredi un «sommet des démocraties» virtuel vertement critiqué par Moscou et Pékin, qui n'y sont pas invités. Et il lui faut gérer habilement la crise ukrainienne, sous peine d'échauder encore plus les alliés traditionnels des Etats-Unis, déjà irrités par le retrait d'Afghanistan.

Les Etats-Unis se sont dits prêts à réagir contre Moscou en cas d'agression de l'Ukraine. Washington, en plus de prendre des sanctions économiques, est prêt à augmenter sa présence militaire en Europe de l'Est si la Russie attaque l'Ukraine, a fait savoir lundi un haut responsable de l'administration Biden. Il a toutefois fait comprendre qu'une riposte militaire américaine directe n'était pour l'heure pas envisagée. «Les Etats-Unis ne cherchent pas à se retrouver dans une position où l'usage direct de forces américaines serait au centre de nos réflexions», a expliqué ce responsable.

Alors que les sanctions n'ont jusqu'ici pas permis de réellement infléchir les décisions du Kremlin, selon de nombreux observateurs, le gouvernement américain assure depuis quelques jours qu'il aurait recours, cette fois, à des mesures punitives draconiennes sans précédent. «Il s'agit de mesures que nous nous sommes très intentionnellement abstenus d'utiliser par le passé», justement «en raison de l'impact qu'elles auraient pour la Russie», a dit le porte-parole du département d'Etat Ned Price, sans toutefois les détailler.

Tensions depuis le déploiement de troupes russes à la frontière ukrainienne

Signe du pic de tension avec Moscou, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est rendu lundi sur la ligne de front avec les séparatistes prorusses dans l'est de son pays.

Un haut responsable américain a affirmé au Washington Post de vendredi que la Russie se préparait à déclencher début 2022 une offensive impliquant jusqu'à 175 000 hommes. 

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Washington et Kiev accusent Moscou de masser des troupes à la frontière avec l'Ukraine pour attaquer le pays, rejouant le scénario qui avait vu les Russes annexer la péninsule de Crimée en 2014, et précipiter l'Ukraine dans une guerre qui a fait plus de 13 000 morts. Les experts sont partagés: beaucoup pensent que Vladimir Poutine bluffe, mais peu évacuent complètement l'hypothèse d'une attaque.

Moscou a plusieurs fois démenti toute velléité belliqueuse et a accusé les pays occidentaux de multiplier les «provocations».