L’essentiel

Les annulations de festivités de fin d'année commencent à se multiplier. Ce samedi, ce sont les autorités françaises qui ont annoncé le renoncement aux fêtes, dont celles des Champs-Elysées le 31 décembre.

Les anti-mesures covid ont défilé ce samedi à Berne, dans une ambiance calme et avec un cortège modeste.

En soirée ce samedi, la surprise est venue des Pays-Bas, où le premier ministre a annoncé un reconfinement dès dimanche.

Concernant les dernières décisions fédérales: Pour les Fêtes, le Conseil fédéral recourt à la manière forte

Retrouvez notre suivi de la journée de vendredi.


■ Un pays d'Europe assume retourner au confinement: les Pays-Bas

Mark Rutte, le premier ministre néerlandais, vient de déclarer lors d'une allocution télévisée:

Je suis ici ce soir d'humeur sombre. Pour le résumer en une phrase, les Pays-Bas vont retourner au confinement à partir de demain

Dès dimanche, presque tous les magasins, restaurants, établissements culturels et sportifs, écoles et coiffeurs devront fermer leurs portes. Seuls les magasins tels que les supermarchés et les pharmacies, essentiels à l'approvisionnement, ne seront pas concernés.

La propagation extrêmement rapide de la variante Omicron oblige à prendre ces mesures sévères, a dit à La Haye Mark Rutte (lire son portrait politique). «C'est inévitable, nous devons intervenir pour éviter le pire.»

L'enfermement devrait être appliqué jusqu'au 14 janvier.


■ «Alerte» sur Londres

Ce samedi en fin de journée, le maire de Londres Sadiq Khan s'est dit «extrêmement préoccupé» par la propagation du variant Omicron, désormais dominant dans la capitale britannique. Le maire a déclenché une procédure d'alerte impliquant une réponse coordonnée des services publics.

Dans tout le Royaume-Uni, 90 418 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés samedi, en léger recul par rapport à la veille (plus de 93 000) et après trois jours consécutifs de nouveaux records quotidiens.

«L'augmentation du nombre de cas du variant Omicron dans notre capitale est extrêmement préoccupante», a déclaré le maire travailliste de Londres dans un communiqué, annonçant avoir déclaré pour la deuxième fois depuis le début de la pandémie un «incident majeur». Cette procédure avait déjà été déclenchée le 8 janvier 2021 alors que les hôpitaux londoniens étaient menacés de submersion.


■ Un cas d'Omicron dans une école valaisanne

Le Nouvelliste rapporte une information du canton: un premier cas suspect du variant Omicron du coronavirus dans une école est en cours d'investigation en Valais. Il s'agit d'un élève de 8H dans la commune de Conthey. Deux autres cas dans le Bas-Valais sont également en cours d'investigation.

Les 17 élèves de la classe concernée sont en quarantaine jusqu'au 25 décembre compris. Les proches de l'enfant suspecté d'avoir contracté le variant sont aussi en quarantaine. Celle-ci est obligatoire aussi pour les personnes vaccinées, précise Nicolas Troillet, médecin cantonal remplaçant.

Toutes ces personnes sont obligées de faire les dix jours de quarantaine. Elles ne peuvent pas l'écourter grâce à un test, ajouté le responsable.


■ Les anti-mesures covid défilent à Berne

Dans la capitale fédérale, le cortège des opposants aux mesures covid s'est ébranlé vers 14h et dispersé en fin d'après-midi. La police parle de 300 personnes environ. Il s'agissait de monter une «grande manifestation spontanée» contre la généralisation des 2G (vacciné ou guéri, «geimpft und genesen» en allemand) annoncée vendredi par le Conseil fédéral.

De nombreux participants ont brandi des exemplaires de la Constitution ainsi que des drapeaux suisses pendant le défilé à travers Berne. Les signes distinctifs des mouvements Mass-Voll et Freie Linke ont également été aperçus parmi les manifestants qui criaient «liberté, liberté».

Les militants n'ont pas pu gagner la place Fédérale, bouclée par la police – au reste, elle est occupée par une patinoire.

Vers la fin de la manifestation, un petit groupe a tenté de rejoindre la Place fédérale, qui avait été bouclée et sur laquelle un canon à eau de la police avait été installé. Les forces de l'ordre ont mis fin à cette tentative et arrêté les personnes impliquées.


■ Le premier des médecins cantonaux juge que les mesures de vendredi «devraient suffire»

Les nouvelles mesures pour lutter contre le Covid-19 décidées vendredi par le Conseil fédéral devraient «au fond suffire» si la population les respecte, estime le président des médecins cantonaux Rudolf Hauri. Il ne s'aventure pas à faire de pronostic, mais il espère vraiment que cela suffira, a-t-il dit samedi dans l'émission de la radio alémanique SRF Samstagsrundschau. Il reste un certain risque actuellement, vu que tous ceux qui souhaitaient se faire vacciner l'ont fait.

Les nouveaux cas d'infection stagnent à un haut niveau avec une légère tendance à la baisse. Dans les hôpitaux, les entrées augmentent encore, mais à un rythme plus lent. Avec environ 300 patients en soins intensifs, la charge est importante, surtout que les capacités sont moins grandes en raison du personnel manquant.

Au reste, dans la polémique à propos des faiblesse (ou non) du fédéralisme par temps de cirse, Rudolph Hauri défend les cantons. Ils ne se cachent pas derrière la Confédération, assure-t-il. Ils s'attendaient à un durcissement, mais ils ont fait une autre analyse de la situation que le Conseil fédéral, qui est allé plus loin.

Notre éditorial: Les couleuvres du Conseil fédéral


■ Pfizer et BioNTech évoque une 3e piqûre pour les enfants

Les sociétés alliées productrices d’un des deux vaccins à Arn messager indiquent qu’elle vont soumettre aux autorités américaines un protocole concenrant trois doses pour les enfants.

Selon le Washington Post, Pfizer et BIOnTech auraient indiqué que «deux doses du vaccin pédiatrique n'ont pas réussi à déclencher une réponse immunitaire comparable à celle générée chez les adolescents et les adultes».


■ Une fin d'année austère? Tour d'horizon

Plusieurs pays renforcent leurs mesures sanitaires à l'approche des fêtes de fin d'année, ou sont sur le point de le faire, relève l'agence AFP, qui en mentionne quelques-uns.

  • Le Danemark, qui a enregistré vendredi un nouveau record absolu de 11 000 cas dont 2500 d'Omicron, va fermer dès dimanche et pour un mois ses théâtres, cinémas et salles de concerts, mais aussi ses parcs d'attractions et musées.
  • En Irlande, les bars, pubs et restaurants devront fermer dès 20h à partir de dimanche et cela jusqu'à la fin janvier.
  • En France, le gouvernement a demandé aux mairies d'annuler les concerts ou feux d'artifice prévus au soir du Nouvel An. Pas de festivité cette année sur la célèbre avenue des Champs-Elysées (lire plus bas). Le Conseil scientifique français appelle ce samedi le gouvernement à instaurer des «restrictions significatives» à l'occasion du Nouvel An, citant notamment la limitation d'activités collectives ou la mise en place de couvre-feux.
  • Aux Pays-Bas, une réunion d'urgence doit se tenir samedi après que l'équipe d'experts (OMT) qui conseille le gouvernement depuis le début de la pandémie a préconisé un confinement strict de la population.
  • Le Québec va réinstaurer des jauges dans les bars, les restaurants et les magasins.
  • En Asie, la Corée du Sud rétablit ce samedi des heures de fermeture obligatoire pour les cafés, restaurants, cinémas et autres lieux publics, et les rassemblements privés doivent être désormais limités à quatre personnes.

■ La mairie de Paris annonce l’annulation du feu d’artifice et des concerts du Nouvel An sur les Champs-Elysées

La mairie de Paris a annoncé samedi l’annulation du feu d’artifice et des concerts prévus sur les Champs-Elysées pour la Saint-Sylvestre, afin d’appliquer les mesures demandées par le gouvernement pour lutter contre l’épidémie.

«Au vu de la résurgence de la pandémie et des nouvelles annonces gouvernementales, la Ville de Paris est au regret de devoir annuler l’ensemble des festivités prévues sur les Champs-Élysées le 31 décembre», a affirmé la mairie à l’AFP. «Le feu d’artifice ne sera pas tiré, et les dj sets ne pourront malheureusement pas avoir lieu cette année», a ajouté cette source.

En 2020, toutes les festivités avaient été annulées pour les vacances de Noël en raison du couvre-feu imposé pour lutter contre l’épidémie, qui n’avait été levé que pour le réveillon de Noël. Le chef du gouvernement Jean Castex a demandé vendredi aux mairies de renoncer aux concerts et feux d’artifice le soir du 31 décembre, pendant lequel la consommation d’alcool sur la voie publique sera interdite.


■ Etats-Unis: l’obligation vaccinale dans les entreprises réinstaurée par une cour d’appel

Une cour fédérale américaine a réinstauré vendredi l’obligation vaccinale pour les employés des grandes entreprises, souhaitée par l’administration Biden pour endiguer la pandémie, et qui avait été suspendue début novembre par une autre instance. La mesure controversée consiste à obliger des dizaines de millions de salariés dans les entreprises de plus de 100 employés à être vaccinés d’ici le 4 janvier, sous peine de devoir se soumettre à des tests très réguliers.

Annoncée mi-septembre, elle avait été adoptée début novembre par la Maison Blanche et immédiatement contestée en urgence devant la justice notamment par l’Etat du Texas, contrôlé par les républicains opposés à toute obligation vaccinale pour lutter contre la pandémie. La mesure avait été suspendue le 6 novembre par une cour d’appel du Texas dans l’attente d’un examen sur le fond.

Lire aussi: Coronavirus: New York dépasse son record d’infections en un jour

Une autre cour d’appel, à la Nouvelle Orléans, avait maintenu cette suspension mi-novembre, estimant que l’obligation de vaccination dépassait «largement» l’autorité du gouvernement américain.

«Il est établi que le Covid-19 a continué à se répandre, à muter, à tuer et à empêcher le retour en toute sécurité des salariés américains à leur travail», a expliqué vendredi dans sa décision la cour d’appel de l’Ohio, saisie à son tour par le ministère de la Justice pour juger de l’ensemble des recours. «Pour protéger les travailleurs, l’Osha (Agence fédérale sur la sécurité et la santé au travail) peut et doit être capable de répondre aux dangers en évolution», ajoute la juge Jane Stranch. Cette décision peut encore être contestée jusque devant la Cour suprême américaine.


■ En France, contre les faux pass sanitaires, les enquêtes cyber se multiplient

Face à la multiplication des faux pass sanitaires, les investigations numériques se renforcent en France, où 400 enquêtes ont été ouvertes et plus d’une centaine de personnes interpellées selon les autorités. Selon l’entourage du ministre de l’Intérieur, il circule en France 110 000 faux pass sanitaires depuis l’instauration du dispositif à l’été.

Un réseau qui récupérait les identifiants de pharmaciens sur le site de l’Ordre national des pharmaciens a pu vendre entre 5000 et 10 000 faux pass pour un bénéfice de l’ordre de deux millions d’euros. La cyber-investigation, toujours en cours, a déjà permis d’identifier un couple, placé en garde à vue début décembre, a appris l’AFP de source proche du dossier.

«Il y a eu plus d’une centaine d’interpellations sur les 400 enquêtes qui ont commencé à être ouvertes», a par ailleurs indiqué jeudi le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. Selon son entourage, ces interpellations visent à la fois des usagers et des réseaux de trafiquants.

Différents modes opératoires ont été répertoriés par les enquêteurs, dont l’achat de faux certificats de vaccination sur internet et l’usage frauduleux d’un QR code attribué à un tiers. Les autorités traquent aussi les professionnels de santé ou agents administratifs qui fournissent de faux pass.


■ France: une 3e dose obligatoire pour les soignants et les pompiers d’ici fin janvier et le début de la campagne de vaccination des enfants dès mercredi

Une troisième dose de vaccin sera obligatoire pour les soignants et les pompiers à partir du 30 janvier, a annoncé samedi le ministre de la Santé, Olivier Véran, qui a évoqué la présence de «plusieurs clusters hospitaliers du variant Omicron».

«Nous allons renforcer l’obligation vaccinale des soignants et des pompiers en intégrant la troisième dose à compter du 30 janvier. Nous ne voulons pas, comme en Ecosse, que nous ayons 25 à 30% des soignants qui ne pourraient pas travailler parce qu’ils seraient tous cas contact et donc en quarantaine», a expliqué Olivier Véran sur France Inter. «Nous avons plusieurs clusters hospitaliers du variant Omicron, notamment en région parisienne», a-t-il relevé.

La vaccination sera offerte aux enfants de 5 à 11 ans à partir de mercredi. «Si tout va bien, le 22 après-midi nous démarrons la vaccination des enfants dans des centres adaptés pour les enfants», a-t-il déclaré Olivier Véran. Le Comité consultatif national d’éthique a donné un avis favorable vendredi pour cette tranche d’âge qui n’est pas concernée par le pass sanitaire ni le futur pass vaccinal.


■ Au Danemark, la vaccination des enfants fait le plein

«J’ai pas peur, je l’ai déjà fait 100 fois». William, 7 ans, fanfaronne: il va recevoir sa première piqûre de vaccin au Danemark, l’un des premiers pays européens à avoir ouvert la vaccination à tous les plus de cinq ans. Dans ce dépôt d’une zone commerciale en banlieue de Copenhague reconverti en centre de vaccination, les infirmiers prennent le temps de rassurer chaque bambin, l’un étreignant un doudou, l’autre promenant son assurance dans la salle d’attente.

Comme William et son petit frère Valdemar, 20% des enfants nés entre 2010 et 2016 ont déjà reçu une première dose dans le pays scandinave de 5,8 millions d’habitants, à l’heure où d’autres pays commencent tout juste ou envisagent de le faire comme la France.

«J’ai pas peur, je l’ai déjà fait 100 fois»

William, 7 ans

Annoncée le 26 novembre dernier, la campagne danoise de vaccination pour les 5-11 ans – tranche d’âge parmi les plus touchées par la nouvelle vague du virus qui sévit au Danemark depuis début novembre — a été lancée dans la foulée.

A l’instar du royaume nordique, l’Autriche, ou plus récemment la Grèce ou l’Espagne, a également débuté leur campagne chez les moins de 12 ans. Hors du continent européen, le vaccin de Pfizer a déjà été approuvé pour les enfants de 5 à 11 ans dans quelques pays, dont les Etats-Unis, Israël et le Canada.

Les voix critiques sont restées limitées au Danemark, où la vaccination obligatoire des enfants n’est pas envisagée. Le groupe anti-restrictions des «Men in Black», qui défile régulièrement le week-end à Copenhague, a toutefois appelé samedi à manifester «pour les enfants».


■ Rugby: les matchs du week-end entre les clubs français et britanniques sont reportés

Les matches entre clubs français et britanniques prévus samedi et dimanche dans les deux Coupes d’Europe de rugby ont été reportés en raison des restrictions de déplacement entre les deux pays, a annoncé vendredi l’organisateur de la compétition.

Cela concerne cinq matches de la deuxième journée de la Coupe d’Europe et deux rencontres du Challenge européen, a précisé l’EPCR qui a dit son intention de les «reprogrammer […] à une date ultérieure». «Il s’agit d’une conséquence des nouvelles restrictions de déplacement entre le Royaume-Uni et la France qui ont été mises en place par le gouvernement français», expliquent les organisateurs.

Paris a en effet rétabli, dès samedi, l’obligation de «motifs impérieux» pour les voyageurs en provenance et à destination du Royaume-Uni face à «la diffusion extrêmement rapide du variant Omicron».


■ Le Canada lève son interdiction pour les voyageurs en provenance d’Afrique

Le Canada a annoncé vendredi la levée de l’interdiction d’entrée imposée aux voyageurs en provenance de 10 pays d’Afrique après l’apparition du variant Omicron, et l’accélération du dépistage, au moment où la recrudescence des cas pourrait rapidement engorger les hôpitaux.

Dès dimanche, les voyageurs en provenance du Nigeria, du Malawi, de l’Egypte, du Botswana, de l’Eswatini (ex-Swaziland), du Lesotho, de la Mozambique, de la Namibie, de l’Afrique du Sud et du Zimbabwe pourront ainsi entrer au Canada, a annoncé le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos, lors d’une conférence de presse.

Le ministre a reconnu que l’interdiction, annoncée fin novembre, avait été une décision controversée et a souligné que la mesure «n'(était) plus nécessaire» puisque le variant Omicron se propage désormais entre Canadiens. Quelque 350 cas du variant Omicron ont été détectés à ce jour dans 11 des 13 provinces et territoires canadiens, ont précisé les autorités de santé publique.


■ Les effets secondaires des vaccins ne modifient pas le rapport bénéfice-risque, selon Swissmedic

Les données de suspicion d’effets indésirables reçues et analysées jusqu’à présent ne modifient pas le rapport bénéfices risques positif des vaccins utilisés en Suisse, a annoncé vendredi Swissmedic. Pour les 178 décès survenus peu après l’injection, il n’y a aucune preuve concrète selon laquelle la vaccination ait été la cause du décès, précise l’Institut suisse pour le contrôle des médicaments.

Jusqu’à mardi dernier, Swissmedic a reçu et analysé 10 842 rapports de vaccination avec effets secondaires. Dans un peu plus d’un tiers, ceux-ci ont été considérés comme graves.

Selon le gouvernement fédéral, 5,8 millions de personnes en Suisse ont reçu jusqu’à présent deux doses de vaccin, et 1,4 million d’entre elles ont reçu un rappel de vaccination. Il faut ainsi mettre en regard de ces chiffres les 10 842 rapports reçus, soit environ 1,5 pour 10 000.

La plupart des déclarations de soupçon concernaient des femmes. Selon les informations, les personnes touchées avaient en moyenne 52 ans. Dans les cas classés comme graves, l’âge moyen était de 54,5 ans et, dans le cas des déclarations liées à un décès, il était de près de 80 ans.