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Le pape François arrive au square de Saint-Pierre au Vatican, mercredi. AP/Andrew Medichini
© Andrew Medichini

Vatican

Pédophilie au Chili: le pape admet de «de graves erreurs» d’appréciation

Le pape François souhaite convoquer à Rome les 32 évêques chiliens auxquels il a écrit pour discuter des conclusions de l’enquête qu’il avait diligentée

Dans une lettre aux 32 évêques chiliens, diffusée mercredi soir par le Saint-Siège, le pape François a reconnu avoir commis «de graves erreurs» d’appréciation de la situation au Chili, après avoir lu les conclusions d’une enquête sur des abus sexuels commis par le clergé. Le pape argentin a aussi souhaité les convoquer à Rome pour discuter des conclusions de l’enquête qu’il avait diligentée. Cette rencontre se tiendra la troisième semaine de mai, en présence de la totalité des évêques du pays.

C’est au cours d’un voyage au Chili, du 15 au 18 janvier, que le pape avait défendu l’évêque chilien Juan Barros, alors soupçonné d’avoir tu les crimes du vieux prêtre pédophile Fernando Karadima et qui, persuadé de son innocence, demandait des preuves de culpabilité aux victimes présumées. Le souverain pontife avait ensuite présenté ses excuses dans l’avion qui le ramenait à Rome.

Lire aussi: Le pape François en mission délicate au Chili

«J’ai commis de graves erreurs»

Par la suite, le pape avait dépêché au Chili Mgr Charles Scicluna, archevêque de Malte et enquêteur renommé du Vatican pour recueillir des témoignages de victimes présumées. «Promoteur de justice» (procureur) du tribunal du Vatican chargé d’enquêter sur les cas de pédophilie chez les prêtres pendant dix ans, il s’est forgé un nom pour sa détermination.

«En ce qui me concerne, je reconnais […] que j’ai commis de graves erreurs dans l’évaluation et la perception de la situation, notamment en raison d’un manque d’informations véridiques et équilibrées», écrit le pape, dans sa lettre diffusée mercredi où il ne fait toutefois aucune mention spécifique du cas de l’évêque Juan Barros.

Lire aussi: Vatican: nouvelle commission antipédophilie

Le pape dit s’être senti «submergé par la douleur» en prenant connaissance du compte rendu d’enquête, qui comprend 2300 pages et les témoignages de 64 personnes, portant sur «des abus de pouvoir» et «des abus sexuels sur mineurs» commis par des membres du clergé. François évoque «beaucoup de vies crucifiées» dans les témoignages recueillis, qui lui ont inspiré «douleur et honte» et demande «pardon» à ceux qui se sont sentis offensés.

«Rétablir la confiance dans l’Eglise»

Le souverain pontife a demandé aux évêques chiliens qui seront convoqués à Rome pour discuter des conclusions de l’enquête «collaboration et assistance» pour «réparer dans la mesure du possible le scandale et rétablir la justice». «Les difficultés présentes sont aussi une occasion de rétablir la confiance dans l’Eglise, une confiance brisée par nos erreurs et péchés», ajoute le pape.

L’omniprésence de Mgr Barros aux messes publiques célébrées par le pape dans trois villes différentes du Chili avait soulevé un tollé dans l’opinion publique du pays en janvier. Nommé en janvier 2015 à la tête du diocèse d’Osorno alors qu’il était soupçonné d’avoir caché les actes pédophiles du père Karadima, reconnu coupable en 2011 par un tribunal du Vatican d’avoir commis des actes pédophiles dans les années 1980 et 1990, Juan Barros était accusé par des victimes d’avoir assisté à certains actes de pédophilie sans les dénoncer.

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