Le pape François a accepté la démission du cardinal chilien Riccardo Ezzati, archevêque de Santiago. Il avait présenté sa démission en mai 2018 comme l'ensemble des évêques chiliens à la suite d'une série de scandales d'abus sexuels.

Cette décision intervient alors que, selon les médias chiliens, une cour d'appel chilienne a confirmé vendredi des poursuites engagées contre le cardinal Ezzati. Ce dernier est accusé de ne pas avoir dénoncé des abus sexuels commis par trois prêtres.

Convoqué par un procureur chilien en octobre, Mgr Ezzati, le plus haut dignitaire de l'Église catholique dans le pays, avait gardé le silence. Il avait promis devant la presse la plus grande collaboration.

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Cette démission intervient après le refus lundi du pape argentin, au nom de la présomption d'innocence, de la démission du cardinal français Philippe Barbarin. Ce dernier a été condamné en première instance à six mois de prison avec sursis pour non dénonciation des abus sexuels d'un prêtre.

Le Chili, particulièrement touché par les scandales d'abus sexuels 

En octobre, François avait accepté, avec réticence, la démission du cardinal américain Donald Wuerl, archevêque de Washington, soupçonné par un jury populaire d'avoir étouffé un vaste scandale d'agressions sexuelles en Pennsylvanie (nord-est). Il n'était pas sous le coup d'une condamnation directe.

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Le Chili est l'un des pays les plus gravement touchés par le scandale des abus sexuels commis par des membres du clergé et de leur gestion par les autorités ecclésiastiques.

Le pape François y avait effectué une visite très controversée en janvier 2018. Elle avait débouché en avril de la même année sur une lettre aux évêques chiliens en forme de mea culpa dans laquelle il reconnaissait des "erreurs d'appréciation" sur le scandale d'abus sexuels qui secouait l'Église chilienne.