Le Vatican père Lombardi a estimé par ailleurs que «concentrer seulement les accusations sur l’Eglise conduit à fausser la perspective», en soulignant qu’il y a eu des abus ailleurs que dans des établissements catholiques. Il a ainsi cité l’exemple de «l’Autriche» où, «sur une même période», les «cas avérés» dans les institutions sous tutelle de l’Eglise «ont été de 17 alors qu’il y en a eu 510 dans d’autres endroits».

M. Lombardi a toutefois reconnu que «les erreurs commises dans les institutions sous la responsabilité du clergé sont particulièrement répréhensibles au vu de la responsabilité éducative et morale de l’Eglise».

Les conférences épiscopales des pays concernés «ont fait preuve d’une volonté de transparence et, dans un certain sens, ont accéléré la révélation des problèmes en invitant les victimes à parler même s’il s’agissait de cas très anciens», a affirmé le père Lombardi sur Radio Vatican.

Elles ont agi «comme il convenait, parce que le point de départ correct est la reconnaissance de ce qui est arrivé et la préoccupation pour les victimes et les conséquences des actes» qu’ils ont subis, a-t-il jugé.

L’Allemagne sous le choc

Depuis fin janvier, les révélations se multiplient en Allemagne sur des cas d’abus sexuels et de maltraitance commis par des membres du clergé dans des institutions catholiques, dont le choeur des petits chanteurs de Ratisbonne, dirigé pendant 30 ans par Mgr Georg Ratzinger, frère du pape.

La ministre de la Justice allemande Sabine Leutheusser-Schnarrenberger a reproché lundi au Vatican d’avoir entravé les enquêtes sur les abus sexuels dans des établissements catholiques.

Le président de la conférence épiscopale d’Allemagne, Robert Zollitsch, doit rencontrer le pape le 12 mars au Vatican.

Le scandale ne concerne pas seulement des institutions de l’Eglise catholique: une école laïque reconnue par l’Etat et associée à l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) a également révélé samedi l’existence d’abus sexuels sur des élèves dans les années 1970 et 1980.

En Autriche, des abus sexuels présumés dans deux institutions religieuses dans les années 70 et 80 ont été révélés mardi, dont un épisode impliquant, selon la presse, l’actuel père supérieur de l’abbaye St-Pierre de Salzbourg, qui a proposé sa démission.

Le 1er mars, l’ordre des Salésiens de Don Bosco aux Pays-Bas a annoncé l’ouverture d’une enquête sur des abus commis par des membres du clergé sur des élèves d’un internat de la région d’Arnhem dans les années 60.