Il n’y aura pas eu de larmes de joie pour fêter une victoire qui n’en est pas encore tout à fait une, mais des cris de soulagement: «Si se pudo!» («on a réussi»), entonnaient les partisans de Pedro Castillo, rassemblés devant les locaux de son parti, Peru Libre, mardi 15 juin au soir, à Lima. Après neuf jours de décomptes interminables et 100% des bulletins dépouillés, Pedro Castillo, 51 ans, est le virtuel gagnant de l’élection présidentielle, avec 50,12% et 44 058 voix d’avance sur Keiko Fujimori – plus que la différence de 40 000 voix obtenue par l’ex-président Pedro Pablo Kuczynski face à la même candidate en 2016. Mais ses partisans sont, comme lui, restés prudents. Car, officiellement, le Pérou n’a toujours pas de président élu.

Des milliers de votes contestés

La candidate de droite, Keiko Fujimori, a entrepris une offensive juridique dès le lendemain de l’élection du 6 juin pour contester les résultats. Son parti, Fuerza Popular, a déposé de nombreux recours et a demandé l’invalidation de milliers de votes pour de présumées irrégularités. Certains de ses soutiens demandent même l’annulation de l’élection et la convocation d’un nouveau scrutin. «Nous avons confiance dans les organes électoraux et dans la volonté du peuple. Nous savons que, lorsqu’ils analyseront ces irrégularités, le plus probable est qu’ils nous donnent raison», a affirmé la candidate de droite après la publication des résultats à 100%.