10 jours. Anthony Scaramucci aura assumé la direction de la communication de Donald Trump pendant dix jours. Se basant sur trois sources solides, le New York Times a annoncé le limogeage du chef de la communication de la Maison-Blanche par son patron. Donald Trump se plierait ainsi à l'exigence de son nouveau secrétaire général, John Kelly, lequel ne voulait pas du nouveau responsable de la communication.

A peine entré en fonction, alors qu'il s'était donné comme première priorité de limiter les fuites, Anthony Scaramucci a fait l'objet d'un article qui racontait ses propos fleuris à l'égard de certains responsables de la Maison-Blanche. Il s'en prenait en particulier de manière particulièrement crasse à Steve Bannon, le conseiller principal de Donald Trump.

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L'art du zigzag

Surnommé «The Mooch», soit «opportuniste» ou «parasite», Anthony Scaramucci affiche un parcours idéologique et politique un peu sinueux. Lui qui représentait déjà l’administration Trump pour le World Economic Forum à Davos en janvier – il faisait partie de l’équipe de transition –, n’a pas toujours été un fan de Donald Trump.

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Naguère pro-Obama

En 2012, il se disait en faveur du mariage gay, pour l’avortement et contre la peine de mort. Il est contre la construction d’un mur entre les Etats-Unis et le Mexique, en faveur d’actions pour lutter contre le réchauffement climatique, et n’a pas hésité par le passé à qualifier le locataire du Bureau ovale de «naze» et de «grande gueule». Girouette politique, il a récolté des fonds en 2008 pour le démocrate Barack Obama et en 2012, pour le républicain Mitt Romney. Il a aimé Hillary Clinton, le voilà qui a voulu adoré Donald Trump.

Toujours tiré à quatre épingles, Anthony Scaramucci, 53 ans, a une gueule, un style, et des manières. Après avoir décroché l'épineux poste de directeur de la communication du président, il a effacé tous les tweets anti-Trump qu'il avait publié.

... puis «I love the President»

Lors de sa présentation publique dans son nouveau poste, il n’a cessé de dire combien il aimait Donald Trump («I love the President»). Et c’est d’un délicat petit baiser de la main qu’il a pris congé des journalistes après une demi-heure de causerie. Les citoyens américains, et les médias, retiendront au moins ce doux baiser soufflé. A défaut d'autre chose.

Le chaos Trump

Depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump, président généreux en matière de tweets, se singularise par une grande volatilité dans son administration. Les licenciements n'ont pas manqué, et la valse des responsables continue. Ces derniers jours, le président s'en est même pris à son ministre de la Justice, accusé d'être mêlé aux accointances avec la Russie reprochées à son équipe de campagne.

Au reste, l'arrivée de Anthony Scaramucci, déjà licencié, a provoqué le départ du porte-parole initial de Donald Trump, Sean Spicer.

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