Géopolitique

Pékin avance ses pions en Amérique latine

La Chine cherche à prendre la place des Etats-Unis dans son arrière-cour, à coups d’investissements massifs. Mais ces projets sont chers et marqués par la corruption

Le week-end dernier, le premier train rapide de l’histoire de Cuba a quitté la gare de La Havane. Il est arrivé une quinzaine d’heures plus tard à Guantanamo, à 915 kilomètres de là. Ce trajet prenait plusieurs jours auparavant, en raison de l’ancienneté du matériel roulant. Cette avancée a été rendue possible par la Chine, qui a livré 80 wagons dernier cri à l’île au mois de mai et lui en fournira 170 de plus d’ici à la fin de l’année.

140 milliards d’investissements

L’Empire du Milieu multiplie les investissements en Amérique latine et dans les Caraïbes. «Ces 15 dernières années, la China a dépensé environ 140 milliards de dollars dans cette zone, essentiellement au Venezuela, en Equateur, au Brésil et en Argentine», indique Carlos Murillo, un expert des relations internationales à l’Université nationale du Costa Rica. La plupart de cet argent a servi à financer des projets dans le domaine des commodités.