L’intellectuel et enseignant Ouïghour Ilham Tohti a été condamné mardi à la prison à vie pour «séparatisme» par un tribunal d’Urumqi, la capitale du Xinjiang, immense région du nord-ouest chinois rétive à la tutelle de Pékin, a annoncé à l’AFP l’un de ses avocats.

Economiste respecté, enseignant à l’Université des minorités de Pékin et auteur de plusieurs ouvrages, Ilham Tohti était un observateur indépendant de l’évolution du Xinjiang et il «fera certainement appel» de cette lourde condamnation, a ajouté son avocat, Li Fangping, joint à Urumqi à la sortie de l’audience.

Son procès s’était tenu sous haute surveillance la semaine dernière.

«Ilham a été condamné à la prison à vie pour séparatisme et tous ses biens confisqués. Ilham n’a dit qu’une phrase: + Je n’accepte pas ce verdict, je proteste!», a rapporté peu après sur son microblog son deuxième avocat, Liu Xiaoyuan.

Adversaire déclaré de la politique d’assimilation forcée des Ouïghours et des autres minorités menée d’une main de fer par Pékin, ce musulman modéré, écouté dans de nombreuses chancelleries de la capitale, était aussi opposé à tout séparatisme et au radicalisme islamique.

Il avait été arrêté à Pékin en janvier dernier et conduit dans un endroit inconnu.

Une dizaine de diplomates étrangers s’étaient rendus à Urumqi pour son procès, mais s’étaient vu refuser l’accès à la salle d’audience, tout comme la presse internationale.

«Ilham Tohti exerçait ses activités dans le respect de la loi chinoise et nous pensons qu’il doit être libéré», avait déclaré Raphaël Droszewski, premier secrétaire à la délégation de l’Union européenne à Pékin.

La Chine a connu ces derniers mois plusieurs attentats meurtriers dans des lieux publics, imputés par les autorités à des Ouïghours.