Pékin exhibe son «tueur de porte-avions»

Le missile balistique DF-21D pourrait changer le rapport de force dans le Pacifique

Le pouvoir chinois a fait jeudi la démonstration de la montée en gamme de son armée lors d’un grand défilé militaire sur la place Tiananmen célébrant le 70e anniversaire de la victoire sur le fascisme. Parmi de nombreuses armes exhibées pour la première fois en public, un missile balistique a fait sensation. Connu sous le sobriquet de «tueur de porte-avions», le Dong Feng-21D («Vent d’Orient») est le nouvel «atout décisif» de Pékin, selon la télévision centrale chinoise.

Cela fait quelques années que le Pentagone s’inquiète du développement d’une telle arme d’un rayon d’action de 3000 km et dont la vitesse d’entrée dans l’atmosphère – 3500 km/h – le rend presque invulnérable.

Modernisation de l’armée

Comparé aux V-2 nazis qui brisèrent un temps la défense britannique, le DF-21D pourrait déstabiliser la stratégie américaine dans le Pacifique, qui repose en grande partie sur les porte-avions. «Le DF-21D va compliquer quelque peu les opérations des Etats-Unis dans la région», a expliqué à l’AFP Arthur Ding, un expert militaire taïwanais. Mais les Américains ont à leur disposition une «batterie de contre-mesures».

Simple hasard? La veille du ­défilé, des navires de guerre chinois se sont approchés pour la première fois des côtes de l’Alaska alors que le président américain, Barack Obama, s’y trouvait pour un sommet sur l’Arctique. Le contrôle des mers devient une mission centrale de l’armée chinoise jusque-là entièrement dévouée à la défense de son territoire.

Jiang Zemin et Peter Maurer

La modernisation de la défense chinoise – dont le budget augmente de 10 à 15% chaque année – passe aussi par une diminution de ses effectifs. La plus grande armée du monde va diminuer ses effectifs de 300 000 hommes (2 millions), a annoncé Xi Jinping en se faisant le chantre de la paix.

Aux côtés du président chinois, à la tribune de la Porte de la Paix céleste qui domine la place centrale de la capitale chinoise du même nom, on pouvait voir le président Vladimir Poutine et l’ancien leader Jiang Zemin. Une apparition qui met temporairement fin aux rumeurs de purge visant ce dernier. Parmi les hôtes de marque, le président du CICR, Peter Maurer, a eu droit à une photo avec le couple présidentiel chinois, comme la trentaine de chefs d’Etat qui avaient accepté l’invitation. Les Européens ont largement boycotté l’événement.