Qu’un homme de 95 ans donne des conseils sur l’utilisation des réseaux sociaux à un autre de 73 ans peut prêter à sourire. Et pourtant, c’est bien ce que vient de faire l’ancien président des Etats-Unis Jimmy Carter à l’intention de Donald Trump. Interrogé sur la procédure d’impeachment lancée contre l’actuel locataire de la Maison-Blanche, le démocrate, qui a été au pouvoir entre 1977 et 1981, l’a dit à la chaîne MSNBC: «Mon conseil serait de dire la vérité […] et aussi de moins tweeter.»

Mais ce qui étonne surtout chez Jimmy Carter, c’est son hyperactivité et sa détermination, malgré son grand âge, une récente opération de la hanche et une vilaine tumeur au cerveau qui l’avait affaibli il y a quelques années. Ah, et puis il faut rajouter la «légère» fracture du bassin qui lui a valu d'être hospitalisé ce mardi. Il pourrait aspirer à une vie tranquille, se contenter de donner des cours de catéchisme dans son église baptiste ou écrire des livres, mais, non, il tient à construire des maisons pour des personnes dans le besoin. Il se fait un point d’honneur de mettre la main à la pâte et d’être, avec sa femme, sur la plupart des chantiers de Habitat for Humanity, une organisation chrétienne qu’il soutient depuis 1984.

«Contribution vitale»

Prix Nobel de la paix cuvée 2002 pour «ses efforts en faveur d’une résolution pacifique des conflits internationaux, de la démocratie, des droits de l’homme et du développement économique et social» et pour sa «contribution vitale» aux accords de Camp David de 1978, Jimmy Carter ne compte visiblement pas lâcher ses activités humanitaires, même si sa présence est, on l'imagine, essentiellement symbolique. Alors, même quand il est récemment apparu à la télévision, avec un œil au beurre noir et 14 points de suture à cause d'une vilaine chute à la maison, il était sur le terrain, avec des ouvriers en arrière-fond.

Pendant que certains affirment vouloir «assécher le marécage» en rajoutant au contraire de bonnes couches de boue, d’autres bâtissent. Pas des murs de séparation, mais des maisons.