Les étudiants se révoltent. Le correspondant à Paris de la Gazette indique, le 8 mai, qu’«après l’affrontement de la nuit de lundi à mardi entre étudiants et policiers, au Quartier latin, Paris s’est réveillé dans l’effarement d’un lourd bilan d’émeutes, le plus impressionnant qui ait jamais été atteint par des manifestations d’étudiants. Les batailles de rue de la rive gauche ont fait officiellement 345 blessés du côté des forces de l’ordre, 460 chez les étudiants». Du coup, plus de doute: «L’affaire est devenue politique.»

Robert Kennedy (photo) est assassiné le 5 juin à Los Angeles. Jean Dumur, de la GdL, assiste en direct à l’attentat, et François Landgraf commente à la Une: «On tue un Kennedy, puis un [Martin Luther] King, et le massacre continue avec un autre Kennedy. […] En deux mois et un jour, les Noirs ont perdu les deux hommes en lesquels ils pouvaient encore croire.»

C’est la guerre du Vietnam. Là-bas, pour les Américains, il semble qu’«il n’y ait que deux solutions: soit vaincre militairement le Nord en «mettant le paquet»; soit être vaincus totalement et s’en aller. Mais il y a une troisième possibilité que l’on a écartée jusqu’à présent avec trop de légèreté: que les Américains s’en aillent, mais pas avant d’avoir donné au Vietnam du Sud les moyens de se défendre lui-même.» Le JdG du 29 juillet, «ayant puisé aux meilleures sources, tente de faire le point sur cette tierce solution».