Penelope Fillon l’épouse du candidat de la droite à l’élection présidentielle française François Fillon atteste avoir travaillé pour son mari. Elle dit aussi l’avoir conseillé de «continuer jusqu’au bout». Selon un sondage, 71% des Français souhaitent son retrait.

Dans sa première interview depuis que l’affaire sur ses possibles emplois fictifs a éclaté, fin janvier, Penelope Fillon affirme par ailleurs avoir effectué «des tâches très variées» comme collaboratrice parlementaire de son mari. «Si cela n’avait pas été moi, il aurait payé quelqu’un pour le faire. Donc on a décidé que ce serait moi», explique-t-elle lors d’un entretien avec l’hebdomadaire Le Journal du Dimanche.

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Soupçonné par la justice d’avoir eu des emplois fictifs, Penelope Fillon assure avoir fourni aux enquêteurs des preuves de la réalité de ses activités. «J’ai fait donner par mon avocat des documents aux enquêteurs», déclare-t-elle, «des courriers avec des notations prouvant qu’ils étaient passés par moi, des échanges de mails avec les autres collaborateurs de mon mari».

Elle ajoute qu’elle a «retrouvé beaucoup de documents pour la période 2012-2013, mais peu pour les années antérieures à 2007». «Qui garde des documents de ce genre datant d’il y a dix, quinze ou vingt ans?», demande-t-elle.

Un poste jamais été «officialisé»

Si elle décrit la politique comme «un monde terrible», Penelope Fillon affirme soutenir son mari dans son dessein présidentiel. «Moi, je lui ai dit qu’il fallait continuer jusqu’au bout. Chaque jour je lui ai dit ça. C’est lui qui décidera», dit-elle.

A ses yeux, «être capable d’endurer ça, c’est une preuve de courage remarquable. C’est le seul candidat qui ait l’expérience, la vision, le projet et la détermination nécessaire pour diriger la France», estime-t-elle.

Penelope Fillon a été employée par son mari comme assistante parlementaire de 1988 à 1990 puis de 1998 à 2002 et de mai 2012 à novembre 2013, un poste qui n’a pourtant jamais été «officialisé», comme elle l’a elle-même reconnu devant les enquêteurs, selon son procès-verbal d’audition révélé par Le Monde.

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François Fillon a déclaré qu’elle avait été employée par ses soins pendant quinze ans, pour un salaire mensuel moyen de 3677 euros nets. Il est actuellement confronté à une série de revers – annonce d’une possible inculpation, défection de dizaines d’élus, appels au retrait de sa candidature.

Soutien français en baisse

Contrairement à Penelope Fillon, plus de sept Français sur dix (71%) souhaitent que son mari renonce à être candidat à l’élection présidentielle, selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche.

D’après cette enquête parue samedi soir sur le site du JDD, les Français interrogés, dont le nombre n’est pas précisé, sont 28% à souhaiter que l’ancien Premier ministre reste dans la course à l’Elysée. Ils étaient 33% il y a quinze jours. Le soutien des sympathisants des Républicains vis-à-vis de l’ancien Premier ministre chute de 70% à 53%.

Incarner les valeurs d’éthique

Interrogés sur «les qualités pour représenter la droite et le centre» à l’élection présidentielle de différentes personnalités, les sondés placent le maire de Bordeaux, Alain Juppé, en première position, à 64%, loin devant les anciens ministres François Baroin (34%) et Xavier Bertrand (30%). François Fillon est à 29%.

A la question de savoir qui est, parmi six candidats à la présidentielle, celui ou celle qui «incarne le mieux les valeurs d’honnêteté et d’éthique», François Fillon arrive en dernière position avec 7%, derrière le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan (9%), la présidente du Front national Marine Le Pen (14%), l’ancien ministre Emmanuel Macron (20%), le candidat socialiste Benoît Hamon (21%) et le représentant de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon (24%).