C’est ici que tout va se jouer. Devant l’entrée principale de l’énorme site sidérurgique de Clairton, entre la voie de chemin de fer et la rivière Monongahela, David et deux de ses collègues garent leurs pick-up face aux murs de briques repeints en bleu du «Backstreet Burgers & Deli», leur repaire matinal. Clairton n’est pas sur les cartes électorales interactives de l’Amérique présentées sur les écrans des chaînes d’information qui, presque chaque heure, font et défont le décompte final, Etat par Etat, du nombre de délégués – 270 sont nécessaires – qui permettra à Joe Biden ou à Donald Trump de l’emporter à l’issue de l’élection présidentielle du 3 novembre. Clairton est un poumon fumant de l’Amérique que le candidat républicain promet depuis 2016 de rendre «great again» (à nouveau puissant).