Keiko Fujimori, la candidate de la droite populiste au deuxième tour de l'élection présidentielle au Pérou, ne retournera pas en détention préventive dans le cadre d'une enquête anti-corruption, a décidé lundi la justice péruvienne.

«La demande du ministère public est déclarée non fondée (...) pour placer à nouveau en détention provisoire» Keiko Fujimori, a annoncé le juge Victor Zuñiga à l'issue d'une audience de deux heures en présence de l'accusée, de son avocate et du procureur José Domingo Perez. Ce dernier avait demandé la révocation de la liberté conditionnelle dont jouit la candidate dans une affaire de corruption présumée.

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Initialement prévue en virtuel en raison de la pandémie de coronavirus, l’audience a finalement eu lieu en présentiel après une demande de la défense, acceptée par le juge. Le procureur Pérez s’était opposé à cette requête, estimant que la défense de la candidate souhaitait politiser l’audience en plein contexte électoral. Plusieurs dizaines de partisans de Keiko Fujimori s’étaient rassemblés devant le tribunal.

L’attitude de la candidate qualifiée de «provocatrice»

Le procureur José Domingo Pérez a demandé le 10 juin que la liberté conditionnelle dont jouit la candidate de la droite populiste soit «révoquée» et a demandé «à nouveau une détention préventive» à son encontre. Il lui reproche d’avoir rencontré un témoin dans une affaire de blanchiment d’argent et de financement illicite de ses campagnes présidentielles passées pour laquelle elle a déjà effectué seize mois de prison préventive.

Keiko Fujimori «enfreint systématiquement les règles de conduite consistant à ne pas communiquer avec les témoins», a plaidé à l’audience José Domingo Pérez, qui a qualifié l’attitude de la candidate de «provocatrice».

Dépendante de l'issue de l'élection

Keiko Fujimori a pu se présenter à l’élection bien qu’elle fasse l’objet d’une enquête sur de présumés pots-de-vin reçus de la société de BTP brésilienne Odebrecht pendant ses campagnes de 2011 et 2016, des accusations qu’elle rejette. La dirigeante du parti Fuerza popular a déjà passé 16 mois en détention provisoire dans cette affaire.

Libérée de prison en mai 2020 en raison de la pandémie de Covid-19, elle a interdiction de voyager hors du Pérou ou de communiquer avec des coaccusés ou des témoins dans cette affaire.

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Au terme de 28 mois d’enquête, le procureur Pérez a inculpé 41 autres personnes pour des délits présumés de «crime organisé, blanchiment d’argent, entrave à la justice, fausse déclaration». Si elle échoue une troisième fois au second tour de la présidentielle, Keiko Fujimori, 46 ans, sera jugée dans le cadre de cette affaire pour laquelle le parquet a requis contre elle fin mars trente ans de prison.

En cas de victoire, elle bénéficiera de l’immunité présidentielle pour au moins cinq ans. Son rival Pedro Castillo, un instituteur et syndicaliste de 51 ans, candidat de la gauche radicale, est en tête du deuxième tour avec 50,12% des suffrages, soit une avance d’environ 44 000 voix. Le Jury national électoral (JNE), qui doit proclamer les résultats, étudie encore les recours déposés par les candidats.