Début avril 2020, la nouvelle de l’existence de fosses clandestines à Iquitos (nord), principale ville de l’Amazonie péruvienne, laissait éclater l’horreur de la tragédie sanitaire. Selon Associated Press, les autorités locales avaient approuvé l’enterrement massif de morts du Covid-19 dans un terrain vague, alors que les familles pensaient que les corps avaient été inhumés dans le cimetière local. Les faits remontent à presque un an, mais l’histoire, symbole d’un pays dont les services hospitaliers et funéraires sont arrivés à saturation, résonne aujourd’hui avec force, alors que le mois d’avril aura été le plus meurtrier depuis le début de l’épidémie.

Selon les chiffres officiels du Ministère de la santé, le Pérou enregistre une moyenne de plus de 300 morts par jour, pour une population de 33 millions d’habitants. Au total, on y dénombre plus de 60 000 décès depuis le début de la pandémie. Chiffre qui pourrait en réalité s’approcher du triple, soit 164 600 morts, selon le registre national des décès, le Sinadef, qui compile également les morts «suspectes» et «compatibles» avec le Covid-19. Le Pérou serait ainsi le pays à la surmortalité la plus élevée au monde, par rapport à sa population.