Big data

Perquisitions au siège londonien de Cambridge Analytica

Les autorités britanniques ont perquisitionné vendredi soir les locaux de la société, empêtrée dans l'affaire des données siphonnées sur Facebook pour influencer la campagne présidentielle de Donald Trump

C'est un premier pas dans l'enquête. Les locaux de Cambridge Analytica, à Londres, ont été perquisitionnés dans la nuit de vendredi à samedi par dix-huit membres de l'Information Commissionner's Office (ICO), le régulateur britannique chargé de la protection des données. La société est accusée d'avoir acquis les données de millions d'utilisateurs de Facebook sans leur consentement. 

Le scandale dit des «données siphonnées» a plongé Facebook dans la tourmente, l'exposant à des plaintes en nom collectif, et a contraint son jeune patron milliardaire Mark Zuckerberg à présenter des excuses publiques. Londres cherche à présent à savoir si le réseau social a suffisamment protégé ses utilisateurs.

Analyse des données en cours

«Nos enquêteurs ont quitté les lieux à environ 03h00 (04h00 en Suisse)», a indiqué samedi l'ICO. «Nous allons maintenant devoir évaluer et examiner les données (recueillies) avant de décider des prochaines étapes et de tirer des conclusions», a ajouté le régulateur.

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Cette autorité indépendante avait obtenu vendredi peu après 19h, un mandat de perquisition délivré par un juge de la Haute cour de Londres. L'ICO avait réclamé cette mesure pour «fouiller les serveurs» de Cambridge Analytica et «effectuer une vérification des données».

L'enquête ne fait que débuter

«Il ne s'agit là que d'une partie d'une enquête plus vaste sur l'utilisation de données personnelles à des fins politiques. Nous allons devoir maintenant recueillir, évaluer et examiner les éléments de preuve avant de tirer des conclusions», a expliqué un porte-parole de l'ICO.

Rôle dans le Brexit 

Le régulateur avait indiqué avoir demandé dès le 7 mars à Cambridge Analytica de pouvoir accéder à ses dossiers, mais ne pas avoir pas obtenu de réponse «dans les délais impartis». D'où sa demande de mandat.

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Le cabinet d'analyse est accusé d'avoir récupéré à leur insu les données de 50 millions d'utilisateurs de Facebook et de les avoir utilisées pour développer un outil informatique permettant de cibler des électeurs afin de peser dans la campagne présidentielle de Donald Trump en 2016. La presse britannique s'interroge également sur son rôle pendant la campagne référendaire sur le Brexit, également en 2016.

Cambridge Analytica dément 

Brittany Kaiser, qui était jusqu'il y a deux semaines la directrice du développement de Cambridge Analytica (CA), a déclaré au quotidien britannique The Guardian que la firme avait effectué une recherche de données pour Leave.EU, qui était l'un des principaux groupes favorables à la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE, via le parti anti-UE Ukip. Elle estime que les démentis publics et répétés de Cambridge Analytica selon lesquels la firme n'avait jamais travaillé sur ce référendum sur l'UE ont induit en erreur les parlementaires britanniques et le public.

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