Ruhollah Khomeiny L’ayatollah Khomeiny est le fondateur de la République islamique. Né en 1902 dans une famille très religieuse à Khomein, près de Téhéran, il fera des études poussées de théologie et enseignera à Qom, la ville sainte chiite. Très vite, il s’engage dans l’opposition au régime du chah, Mohammad Reza Pahlavi, qui avait entrepris la modernisation à marche forcée du pays. En 1963, il prononce un grand discours contre la subordination du régime impérial aux puissances étrangères. Son arrestation donnera lieu à de violentes manifestations. Exilé en 1964, il se rend en Turquie puis en Irak. Son discours se radicalise. En 1978, la révolution gronde en Iran, il part s’installer pour quelques mois en France, à Neauphle-le-Château (Yvelines). Le chah est renversé. Khomeiny reviendra le 1er février 1979, en triomphe, à Téhéran. Il meurt en 1989.

Ali Khamenei Né en 1939, élevé dans une famille religieuse de Machhad, Ali Khamenei a été l’élève de l’ayatollah Khomeiny à Qom. Il sera emprisonné sous le règne du chah. Il est devenu le deuxième Guide suprême - le véritable détenteur du pouvoir en Iran - de la République islamique après la mort de Khomeiny en 1989. Et ce au prix d’une controverse avec les dignitaires religieux chiites qui estimaient qu’il n’avait pas les qualifications théologiques et religieuses suffisantes. En 1981, après avoir échappé à un attentat, il avait été élu président de la République islamique. Ce personnage secret, proche des milieux fondamentalistes, a opéré un recentrage du pouvoir fondé sur les Gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime, et les services secrets. Il a appuyé le président sortant Mahmoud Ahmadinejad à l’élection contestée du 12 juin.

Hossein Ali Montazeri Né en 1922, ce grand ayatollah marja - source d’imitation - fait actuellement figure de principal dissident religieux en Iran après avoir critiqué le Guide suprême et demandé la séparation du religieux et du politique. Et pourtant, ce fut un des principaux acteurs de la révolution islamique en Iran et de l’élaboration de la Constitution en 1979. Il était le dauphin désigné de l’ayatollah Khomeiny au poste de Guide. Mais il fut destitué pour avoir critiqué le pouvoir en place et les dérives sanguinaires de la République islamique. Il avait notamment pointé du doigt les exécutions massives de prisonniers politiques en 1988. En 1997, il fut placé en résidence surveillée jusqu’en 2003. L’ayatollah Montazeri a publiquement dénoncé les résultats de l’élection du 12 juin.

Abolhassan Bani Sadr Né en 1933 à Hamedan au sud-ouest de Téhéran, il a été élu premier président de la République islamique d’Iran le 28 janvier 1980, avec 75 % des voix. Il rejoint le mouvement de résistance anti-chah, dirigé par Khomeiny depuis son exil irakien puis français, et deviendra l’un de ses plus proches conseillers, son fils spirituel. A la chute du chah, début 1979, ils retournent ensemble en Iran pour préparer le nouveau pouvoir qui prendra la forme d’une république islamique. Homme politique modéré, il participe à la rédaction de la Constitution et se heurte vite à l’opposition des religieux radicaux. Il finira par être destitué par le Parlement en juin 1981. Peu après, il s’enfuit en compagnie du chef des Moudjahidin du peuple, Massoud Radjavi, pour se rendre à Paris, ce qui provoquera des manifestations antifrançaises à Téhéran.

Hachemi Rafsandjani Religieux chiite, né en 1934, il fut président de la République d’Iran de 1989 à 1997. Emprisonné sous le règne du chah, il sera très tôt un des adeptes de l’ayatollah Khomeiny. Il occupera toutes les fonctions dans la hiérarchie du pouvoir après la révolution : président du Parlement ; représentant du Guide au conseil suprême de la défense ; président de la République (1989-1997). Pragmatique, il pratique une politique de relative libéralisation économique et de détente avec les Occidentaux. Il est ensuite nommé président du Conseil de discernement. Riche et puissant, il est l’objet de nombreuses critiques. En 2005, il a été battu au deuxième tour de la présidentielle par M. Ahmadinejad. En 2007, il a été élu président de l’Assemblée des experts, organe chargé d’élire, de contrôler ou de démettre le Guide suprême.

Mohammad Khatami Né en 1943, fils de religieux, il étudie la théologie. Il fait partie du mouvement anti-chah de Khomeiny. Député, ministre, puis directeur de la Bibliothèque nationale d’Iran, il sera élu président de la République en 1997 grâce au vote des femmes et des jeunes. Il sera reconduit pour un second mandat en 2001. Lorsqu’il est au pouvoir, il affiche une forte volonté de réforme et d’ouverture vers la société civile, qui sera contrariée par l’opposition conservatrice. Il a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2009 avant de se retirer de la course, officiellement afin de laisser plus de chances à un autre réformateur, Mir Hossein Moussavi. Mohammad Khatami, qui reste populaire en Iran, a annoncé qu’il soutenait les exigences de M. Moussavi à la suite du résultat contesté de l’élection présidentielle.

Mahmoud Ahmadinejad Celui qui suscite tant de révolte et de colère en Iran ces derniers jours est le fils d’un forgeron ultrareligieux, né en 1956 près de la bourgade de Gamsar, à une centaine de kilomètres de Téhéran. C’est grâce aux classes populaires et aux milices islamistes dont il est issu que ce politicien populiste, ingénieur de formation, s’est hissé à la présidence de la République en 2005 après avoir été maire de Téhéran depuis 2003. L’annonce de sa réélection, au premier tour, le 12 juin, avec le score écrasant de 63 %, a provoqué le plus vaste mouvement de contestation depuis la révolte des étudiants en 1999. Ce fondamentaliste appelle à un retour aux valeurs premières de la République islamique. Ses diatribes contre Israël et son intransigeance sur le dossier nucléaire, soupçonné de comporter un volet militaire, ont isolé l’Iran.

Mir Hossein Moussavi Le principal opposant à M. Ahmadinejad, lors de l’élection présidentielle, a été un révolutionnaire de la première heure. Né en 1941, cet Azeri a été premier ministre de la République islamique pendant la guerre contre l’Irak (1980-1988) et a su trouver un moyen de préserver l’économie durement touchée. Cet homme intègre, nationaliste et proche de l’ayatollah Khomeiny est remercié en 1989 et disparaît pendant vingt ans de la scène politique, devenant conseiller occulte des présidents Rafsandjani et Khatami. Lorsqu’il annonce sa candidature en 2009, il reçoit le soutien de M. Khatami, qui s’est retiré de la course. Aujourd’hui, il dénonce les irrégularités du scrutin. Mir Hossein Moussavi est soutenu par les réformateurs qui dénoncent une « fraude flagrante « et demandent une nouvelle élection.