lu ailleurs

Comment la petite Bana twittait depuis Alep-Est

La petite Syrienne de sept ans qui racontait son quotidien sous les bombes sur Twitter a été évacuée. Si certains avaient douté de la réalité de son témoignage, il était possible de trouver du courant et une connexion internet dans la ville assiégée

La petite Syrienne devenue une célébrité pour avoir twitté son quotidien sous les bombes d’Alep-Est Bana Al-Abed a été évacuée de la ville avec sa famille a indiqué une ONG lundi. Elle se trouve maintenant, à Rashidin, dans la campagne d’Alep.

Depuis septembre, Bana racontait avec l’aide de sa maman Fatemah, professeure d’anglais, son quotidien dans les quartiers rebelles d’Alep. Certains tweets, rédigés dans un langage simple et souvent très factuel étaient signés «Bana», tandis que d’autres étaient rédigés directement par sa mère.

De nombreux messages étaient militants dénonçant les bombardements de Vladimir Poutine et de Bachar Al-Assad ou appelant les Etats-Unis à intervenir. Alors que le compte de Bana est très vite devenu extrêmement populaire, rassemblant des centaines de milliers d’abonnés (329 000 aujourd’hui), d’autres voix se sont élevées, surtout de Russie, pour dénoncer ce compte comme un faux.

A lire aussi: Bana, 7 ans, qui tweetait la guerre depuis Alep: un aspect de la guerre de propagande?

Comment cette petite fille et sa famille pouvait-elle avoir accès à une source de courant pour alimenter un portable et surtout à une connexion internet alors que les habitants manquent de tout?

Les journalistes du site citoyen bellingcat ont mené l’enquête. Ils ont commencé par géolocaliser les photos postées sur le compte Twitter de la petite fille. Les images ont toutes été prises dans le même quartier d’Alep-Est.

Ils se sont ensuite intéressés à la façon dont la famille pouvait utiliser un portable. Un reportage de l’émission sept à huit tourné chez Bana montre comment la famille chargeait l’appareil: grâce à une batterie de voiture reliée à un panneau solaire disposé sur le toit de la maison.

Certains doutaient aussi que la famille puisse se connecter à internet tous les jours alors que la fibre optique et l’ADSL ont été coupées depuis 2013 dans la partie est de la ville. La mère de Bana avait expliqué qu’elle utilisait le 3G et parfois du wifi.

C’est possible car les quartiers ouest d’Alep sont eux à nouveau connectés à la fibre optique. Il est donc possible que ceux qui vivent près de la ligne de front puissent se connecter au 3G.

D’autre part, les quartiers en main des rebelles sont équipés d’un système hertzien de type Wimax comme l’explique TV5 Monde. Des antennes paraboliques montées sur les toits relient les habitants à des relais. Le journal en ligne Al-Monitor avait raconté en avril comment plusieurs fournisseurs proposaient aux habitants d’Alep-Est de se connecter à internet en passant par des services turcs. 1 gigabyte de données coûtait alors 5,5 dollars.

Bana continuera-t-elle à alimenter son compte maintenant qu’elle a fui l’enfer d’Alep? Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a annoncé lundi que la fillette serait accueillie avec sa famille en Turquie.

Publicité