Quel ministre des Finances ne serait heureux de voir les recettes de l’Etat bondir de 50 à 70 milliards de dollars en un an? Pourtant, Baker Jaber al-Zubaidi a au front un pli soucieux qui ne vient pas seulement de la fatigue de la campagne: «96,5% de notre budget dépend du pétrole», répond-il à une question du Temps.

Ce n’est pas ce qu’on peut appeler des sources de revenus diversifiées. Le pourcentage en dit long sur la quasi-inexistence de rentrées fiscales. Hors pétrole, petits commerces et secteur public – où un million de policiers et soldats sont affectés au maintien de l’ordre –, l’économie irakienne reste dans les limbes.

«Les investissements étrangers restent modestes, et ce n’est pas seulement lié à l’insécurité, admet le ministre. Le responsable de ce département a changé trois fois, et nous cherchons toujours la bonne personne.» Pour diminuer la corruption, la gestion des contrats avait été confiée à une autorité centralisée… qui a été dissoute, plusieurs ministères partageant cette tâche depuis. «Nous avons signé un accord avec la Banque mondiale sur la protection des investisseurs et réussi à attirer Total, des sociétés japonaises, américaines», positive Baker al-Zubaidi. Une loi de 2006 simplifie les démarches administratives.

Le besoin d’investissement ne se limite pas à l’industrie pétrolière ou à l’infrastructure électrique. «L’Irak souffre d’un manque énorme de logements», dit le ministre, qui évalue le déficit à 2 millions d’unités.